Dim confie ses chaussettes à Kindy

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PARTENARIAT - Les chaussettes de Dim, réalisées sous licence par Tricotage des Vosges depuis dix ans, vont désormais être fabriquées par Kindy. La production sera située dans le bassin méditerranéen.

Dim et Kindy font désormais la paire. Après de longues négociations avec Tricotage des Vosges, qui détenait la licence de fabrication de ses chaussettes depuis dix ans, Dim a conclu un « partenariat européen » avec Kindy le 6 septembre.

Celui-ci démarrera au 1er juillet 2009 et concernera la conception, la fabrication et la distribution de l'ensemble de la gamme de chaussettes à la marque Dim. Il englobera l'Europe géographique, comprenant les pays baltes et la Russie. Une société spécifique, filiale à 100 % du groupe Kindy, est en cours de création pour prendre en charge le développement de la licence Dim.

Distribuées en grandes et moyennes surfaces alimentaires (GMS) et dans les grands magasins, les chaussettes Dim représentent un potentiel de chiffre d'affaire supérieur à 10 millions d'euros pour la première année d'exploitation, selon un communiqué commun aux deux groupes. De plus, le texte précise que l'opération va offrir au groupe Kindy « l'opportunité de renforcer son leadership en GMS et d'asseoir son expansion dans les autres circuits de distribution, ainsi qu'à l'export - Kindy est présent en Belgique, et, dans une moindre mesure, au Portugal, et en Pologne -, tout en tirant parti d'importantes synergies industrielles en amont ».

Intérêts bien compris

Pour Joël Pétillon, président du directoire de Kindy, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 50,7 millions d'euros en 2007, son groupe « va pouvoir s'appuyer sur la complémentarité du positionnement de Dim, la marque textile bénéficiant de la plus forte notoriété en France ». En contrepartie, Dim, propriété du fonds d'investissement américain Sun Capital Partners depuis 2005, compte profiter de « l'expertise du groupe Kindy dans une stratégie de différenciation réussie, grâce au lancement de produits techniques à forte valeur ajoutée et à la distribution sur internet ».

Sans surprise, aucun des deux partenaires n'est prêt à évoquer les spécificités d'un partenariat, qui, vu de l'extérieur, pourrait ressembler à un mariage entre deux marques concurrentes. Sur un secteur de la chaussette réputé difficile, surtout depuis le 1er janvier 2005, date de la suppression des quotas d'importation chinois, les marges de manoeuvre sont étroites. « C'est un marché sur lequel le premier prix s'est beaucoup développé, observe Catherine Rambaud, présidente d'Olympia, une entreprise qui affiche un chiffre d'affaires de 39 millions d'euros. L'apport de valeur ajoutée est obligatoire. » C'est sans doute pourquoi son concurrent Kindy a choisi de ne fabriquer sur son site de Moliens, dans l'Oise, que ses chaussettes « techniques », soit 30 % du chiffre d'affaires et 10 % de la production, selon Joël Pétillon. Car, dès le début des années 2000, Kindy s'est lancé dans la conception de chaussettes « bien-être », « santé » et hypoallergéniques, toutes protégées par des brevets. Le reste des chaussettes de Kindy est fabriqué en Chine, en Turquie et au Maroc. C'est dans le bassin méditerranéen que seront fabriquées les chaussettes Dim.

Le refus de délocaliser

Quant au partenaire délaissé, Tricotage des Vosges (CA de 21 millions d'euros), Jacques Marie, son PDG, a estimé que les conditions financières demandées par Dim étaient incompatibles avec son compte d'exploitation. « Je ne pouvais pas trouver les marges supplémentaires que l'on me demandait », déplore Jacques Marie. Le créateur de Tricotage des Vosges, qui est aussi un ancien PDG de Dim, n'a pas suivi son partenaire qui le pressait de délocaliser.

Jacques Marie n'est pas intéressé par un métier consistant à « acheter des produits pour les revendre ». Et la délocalisation présente également des limites en termes de réactivité, de créativité et de qualité de service, « sauf si l'on veut faire du blanc et du noir premier prix ». Il planche sur de nouvelles stratégies pour rebondir, sur le segment de la mode et de la fibre naturelle, avec ses marques Bleu Forêt et Bleu, etc., destinée aux GMS (LSA n° 2009). La page Dim est donc définitivement tournée pour Jacques Marie.

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Article extrait
du magazine N° 2057

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