Dimanche : les salariés appelés à manifester

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A une semaine de l'examen par l'Assemblée nationale du texte de la loi Macron, les syndicats appellent les salariés du commerce à défiler dans la rue. Deux fois, aujourd'hui devant le BHV à Paris rue de Rivoli et lundi 26 janvier, le jour J.

Les salariés sont invités à signer cette carte rappelant au candidat Hollande ses promesses de ne pas toucher au dimanche.
Les salariés sont invités à signer cette carte rappelant au candidat Hollande ses promesses de ne pas toucher au dimanche.

A peine les quelques 500 amendements à la loi Macron adoptés, et une semaine avant l’examen en séance à l’Assemblée nationale, les syndicats se mobilisent. Du moins le Clic-P, qui mène la fronde syndicale contre l’assouplissement des ouvertures des magasins le dimanche, appelle les salariés à manifester aujourd’hui devant le BHV et le 26 janvier. Ce jour-là, le parcours de la manifestation débutera devant les grands magasins et ira jusqu’à l’Assemblée nationale, de l’autre côté de la Seine.

Les salariés du BHV sont invités à signer une carte postale-pétition à adresser au président de la République pour lui « rafraîchir la mémoire » sur le sujet. Une réaction à l’annonce du maire du 4ème arrondissement, Christophe Girard, la semaine dernière, qui a annoncé qu’il se battrait jusqu’au bout pour que ce magasin ouvre tous les dimanches.

C’est hier que les députés ont achevé d’étudier le texte de la loi en commission. Pas moins de 82 heures de travail en six jours auront au final été nécessaires pour écluser les 1743 amendements déposés, dont 495 ont été finalement adoptés. «Tous avec l'accord du gouvernement», précise-t-on à Bercy. La réforme du travail le dimanche, étudiée dans la dernière ligne droite, a évidemment retenu l’attention. Forcé au compromis par sa gauche, le ministre de l'Économie n'a pourtant pas réussi à simplifier le dispositif autant qu'il l'aurait souhaité. Il voulait donner la possibilité aux maires d'autoriser les magasins à ouvrir douze dimanches par an, dont cinq «de droit», c'est-à-dire obligatoirement accordés aux commerces. À l'arrivée, le dispositif retenu par la commission spéciale supprime les cinq dimanches travaillés de plein droit et laisse le choix aux élus de fixer le nombre de dimanches « entre 0 et 12 ». Les autorisations seront débattues au niveau intercommunal au-delà de cinq dimanches.

Quant aux compensations pour les salariés, elles devront obligatoirement comporter un volet salarial, sans qu'un plancher soit pour autant défini dans le texte, contrairement aux souhaits de la gauche de la gauche. Les députés n'ont en revanche pas touché aux «zones commerciales» et «zones touristiques» qui remplaceront les «zones d'intérêt touristique» et les PUCE («périmètres d'usage de consommation exceptionnel). Pour chacun, des accords collectifs portant sur les compensations salariales devront être conclus. Par ailleurs, les élus n'ont pas non plus modifié les «zones touristiques internationales», qui obéissent aux mêmes règles que les autres zones mais qui ont été taillées sur mesure pour la Riviera, le boulevard Haussmann et les Champs-Élysées. Dans ces périmètres d'exception, les horaires pourront s'étendre jusqu'à minuit, contre 21 heures jusqu'à présent. Mais les salariés seront payés double sur cette tranche du soir.

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