Dîner de cons

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LÉGISLATION - LOIS

La table sera-t-elle assez grande ce dimanche 24 décembre au soir pour accueillir la belle brochette d'élus (politiques de tous bords) et responsables économiques (partenaires sociaux, responsables de fédérations ou syndicats professionnels et autres représentants ministériels), tous complices - par action ou par omission - de la mascarade infligée aux consommateurs à la veille de Noël ?

À l'instar de François Pignon, employé au ministère de l'Économie et des Finances (ça ne s'invente pas), les voici donc suffisamment armés pour être sans conteste invités à ce désormais célèbre dîner.

Notre empilage de lois et règlements, assorti d'autant de dérogations et de détournements tolérés, associé au pouvoir discrétionnaire délégué aux maires ou préfets dont s'affranchissent allégrement nombre d'enseignes, offrira donc le 24 décembre à la France entière le plus joli pataquès jamais réalisé en terme commercial. Vous le souhaitez fermé ? Ouvert le matin ? Ouvert l'après-midi ? Ouvert toute la journée ? Jusqu'à midi ? 13heures ? 17heures ?...Vous habitez Nantes ? Pas de chance ! Angers? Idem ! Tous les magasins seront fermés ! Allez faire vos courses dans la ville voisine, à Rennes, Le Mans ou Tours, dont les enseignes, elles, seront ouvertes... Vous êtes à Paris? Certains grands magasins seront fermés et d'autres, naturellement, ouverts. Lesquels ? Où ?...La course de dernière minute s'annonce passionnante.

Y a-t-il, parmi les participants à la Conférence sur les revenus et l'emploi qui se tient ce jeudi 14 décembre à l'invitation du Premier ministre un seul responsable - politique ou syndical - pour justifier un tel imbroglio ? Qui ?

L'ouverture le dimanche ne figure pas au menu de cette Conférence. L'emploi et les revenus, oui. Ainsi donc, à l'heure où emploi et pouvoir d'achat sont au coeur du débat, la France ne s'interdit pas seulement d'examiner avec lucidité les bénéfices attendus au profit de l'un (les créations d'emploi) et de l'autre (un temps de travail mieux rémunéré), elle affiche ostensiblement - au nom d'un conservatisme suranné - son incapacité à accompagner les mutations de la société. Quand ses voisins européens, jusqu'à l'Allemagne hier la plus rétive!, modernisent leur législation, la France aime à s'offrir le luxe d'un énième rapport confié au Conseil économique et social... On en reparle en 2012 ?...
Henri Loizeau, hloizeau@lsa.fr

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