Directeur de grande surface de bricolage : un patron, deux profils

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Il y a ceux qui travaillent pour un réseau intégré et ceux qui ont monté leur affaire. Les premiers sont souvent à la tête de grosses unités, où les ratios financiers sont suivis de près par la centrale. Les seconds passent autant de temps derrière leur b

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«Quand on est son propre patron, les préoccupations financières sont permanentes, on passe son temps à courir après la trésorerie... En fait, notre supérieur hiérarchique, c'est le banquier! »
Tous les franchisés connaissent cette situation. Car il n'existe pas un seul profil de directeur de grande surface de bricolage (GSB). Ceux des réseaux intégrés n'ont pas tout à fait les mêmes préoccupations que ceux de la franchise. «Lorsque l'on prend une affaire, ce sont nos sous que l'on investit », rappelle Pierre Courbois, 40 ans, adhérent Bricomarché à La Flotte-en-Ré (Charente-Maritime).

Des journées bien remplies

Les sujets de préoccupation ne manquent pas pour autant chez les intégrés. «L'une des premières choses que je fais en arrivant au bureau est d'allumer l'ordinateur pour comparer les chiffres des autresmagasins du groupe», explique Clarisse Lechertier, directrice du magasin Castorama de Claye sous- Bois (Yvelines). Le chiffre d'affaires, l'évolution des résultats, le calcul de la marge et des ratios financiers font partie du lot quotidien.

Même lorsque les agendas sont surchargés, les problèmes de logistique ou d'organisation opérationnelle liés à la vie du magasin restent la priorité du directeur. «Faire le tour du personnel peut me prendre la matinée, avoue Clarisse Lechertier. Mais c'est essentiel pour la cohésion du groupe.» Constamment sollicité, le directeur de magasin doit avoir un regard sur toutes les facettes de l'entreprise, de la gestion des ressources humaines à la logistique en passant par le merchandising, l'accueil des clients et la sécurité.

Impossible de passer la journée enfermé dans son bureau. «Lorsqu'il y a ?un coup de feu?, je n'hésite jamais à prêter main-forte », assure Pierre Courbois. Dans un hypermarché, le patron fréquente peu ses clients, à la différence de la grande surface de bricolage où la technicité des produits requiert du conseil. C'est encore plus vrai pour les petites surfaces de vente, qui ont fait de la proximité leur cheval de bataille. La gestion d'un magasin nécessite un sens relationnel aigu. Et pas seulement auprès des clients, d'ailleurs.

«Dans les zones rurales, les salariés viennent soit de la machine agricole, soit de la quincaillerie, détaille Alain Policand, propriétaire d'un Brico Pro,à Rumilly (Sarthe). Les caractères sont bien trempés.» Un sujet que Clarisse Lechertier connaît sur le bout des doigts. Le magasin Castorama de Claye-sous-Bois est un paquebot de 12 000 m² dans lequel s'activent plus de 180 personnes. «Il est évident qu'en tant que femme je suis attendue», admet la directrice.

Le magasin qu'elle dirige depuis 2004 a été le premier Castorama de la région parisienne à passer au nouveau concept. Très observée, Clarisse Lechertier l'est aussi par le comité de direction du groupe, qui, depuis 2003, s'est engagé dans un vaste programme de revitalisation du parc de ses magasins. Les directeurs savent qu'ils doivent donner l'exemple. La plupart d'entre eux mettent ainsi un point d'honneur à être les premiers arrivés et les derniers partis.

Difficile, dans ces conditions, de concilier vie professionnelle et obligations familiales. À moins de faire comme Pierre Courbois, qui travaille avec sa femme. Une situation somme toute assez courante dans les réseaux d'indépendants, même si, comme il le rappelle, «quand le magasin va mal, les effets sont rapidement démultipliés».

Des cheminements différents, une même passion

Le rôle de directeur de magasin demande une certaine forme d'abnégation. Mais le métier continue d'attirer. Autodidactes, anciens chefs de rayon, ex-ingénieurs constituent une bonne part du réservoir de la franchise. Comme le précise Benoît Allo, responsable du pôle distribution du cabinet de recrutement Michael Page, la situation est toutefois sensiblement différente dans les réseaux intégrés, «où les candidats issus d'écoles de commerce sont de plus en plus recherchés».

Autre différence entre les deux réseaux : l'évolution de carrière. Le directeur d'un magasin intégré peut changer pour une unité plus grande ou être promu directeur régional ou au siège. Du côté des franchisés, le cheminement classique est de développer son affaire, puis de la revendre pour en acquérir une plus grande, et ainsi de suite. Il est même assez fréquent qu'un franchisé se retrouve à la tête de deux ou trois magasins.

La voie empruntée par Alain Policand est moins classique. «Lorsque j'ai démarré, en 1987, ma surface de vente faisait 400 m², je l'ai progressivement agrandie.» Vingt ans plus tard, le site rassemble un Brico Pro, un Point S, une pépinière de 1 000 m², une concession de motoculture (500m²) et un magasin de vêtements. Le tout géré comme une seule entreprise!

Hakim Bendaoud



« Quand il y a un ? coup de feu ?, je n'hésite pas à prêter main-forte à mes équipes. Lorsqu'on a son affaire, on y met ses tripes, car ce sont nos économies que l'on a investies. »
Pierre Courbois, 40 ans, adhérent Bricomarché à la Flotte-en-Ré (17)

Son CV
1990 Diplômé Sup de co de Lille
1992 Chef de secteur Leroy Merlin
1996 Directeur d'un Leader Price
1997 Directeur du Bricomarché de Redon (35)
2001 Adhérent du Bricomarché de Niort (79)
2004 Adhérent du Bricomarché de La Flotte-en-Ré (17)

L'essentiel de la fonction

La formation
> Il n'y a pas de cursus type. Autodidacte, chef de rayon, comptable, diplômé d'école de commerce ou d'université: les parcours sont variés, même si l'on note une normalisation des profils dans les réseaux intégrés qui privilégient des candidats issus de grandes écoles de commerce pour leur formation à la gestion.

Les qualités requises
> Avoir le sens des chiffres. Aidé du service comptable, le directeur de GSB doit surveiller les marges, décider des investissements, éviter les pertes et maîtriser les charges.
> Savoir s'imposer. Le directeur doit orienter, motiver et convaincre ses salariés, mais aussi savoir trancher en cas de conflit ou de faute.
> Donner l'exemple. Premier arrivé le matin, c'est généralement aussi le dernier parti. Il ne doit pas hésiter à prêter main-forte aux chefs de rayon.

La rémunération

> 65 000 à 110 000 € par an, primes, intéressement et ancienneté inclus. Le salaire varie selon la taille du magasin et donc du chiffre d'affaires, de l'expérience du directeur et des objectifs fixés par le réseau pour les intégrés.

Les missions
> Développer l'activité commerciale. Atteindre les objectifs en tenant compte du projet d'enseigne, maîtriser les coûts, surveiller la concurrence.
> Gérer les RH. Recruter, fixer les objectifs, suivre les résultats, avoir une bonne relation avec les délégués du personnel en favorisant le dialogue.
> Travailler l'ancrage local. Entretenir les relations avec les élus et les acteurs économiques de la région.

Les évolutions possibles
> Pour les franchisés, acquérir un plus grand magasin ou en ouvrir un second.
> Pour les intégrés, devenir directeur régional ou... passer chez les indépendants en achetant son magasin.


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