Directeur de supérette, une perle très recherchée

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Pour réussir leur expansion dans la proximité, les enseignes alimentaires cherchent toutes des patrons, à la fois bons managers, bons commerçants et bons gestionnaires. Gérants-mandataires ou franchisés, ils ne sont pas faciles à trouver.

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LE PETIT CASINO

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Patrice Delaruelle et Valérie Dubuc ne regrettent pas leur choix. Il y a deux ans, ils ont abandonné leur premier métier - il exploitait un bar, elle était préparatrice en pharmacie -, pour reprendre un Petit Casino. Une supérette en pleine campagne, en Normandie, dans le village de Nonancourt. Deux ans après, le couple a repris 87 m² avenue de Suffren, à deux pas du Champ-de-Mars. Deux mondes, mais une seule et même performance. Dans les deux cas, ces directeurs de supérettes ont remonté de manière spectaculaire le chiffre d'affaires. En 2010, ils ont remporté la palme de la meilleure progression, avec un bond de 60% de leur activité. Avec 80 000 à 100 000 euros de chiffre d'affaires mensuel, Patrice et Valérie s'en tirent très bien : ils gagnent à eux deux 5 000 euros nets, partie variable comprise. Car, comme tous les quelque 2 000 gérants mandataires du groupe Casino, leur salaire est composé d'une partie fixe et d'une commission, d'un montant de 6%, indexée sur le chiffre d'affaires. Après quelques années, ce couple heureux en affaires espère bien accéder au statut rêvé d'indépendant et ouvrir un magasin en franchise au sein du groupe Casino.

 

 

Des points de fidélisation transformés en apport pour ouvrir une franchise

 

Des gérants qui deviennent franchisés, c'est le cas de 20% des directeurs de supérette chaque année. Les meilleurs peuvent, selon la performance de leur magasin, cumuler des points directement transformés en argent qui sert d'apport pour ouvrir leur franchise. C'est le principe du « parcours de confiance » mis en place par Casino en septembre 2010. « C'est une manière de faire grandir nos équipes, précise Jean-Pierre Lanzetti, directeur de la branche proximité du groupe stéphanois. Cela nous permet de fidéliser des gérants-mandataires qui sont là depuis six mois à deux ans. La seule condition, c'est qu'ensuite, ils signent la franchise chez nous. » Le coup de pouce n'est pas réservé aux seuls gérants-mandataires. Des salariés d'hypermarchés et de supermarchés ou des personnes totalement extérieures qui ont envie de monter leur propre affaire peuvent postuler au « parcours de confiance ».

Une manière habile de susciter des vocations pour un métier qui n'attire pas les foules. Il n'est pas facile en effet de recruter des directeurs auxquels on demande de travailler six jours sur sept, voire sept sur sept, avec une amplitude horaire très large et, à la fin du mois, un salaire qui n'est pas forcément celui de Patrice et de Valérie. « Beaucoup d'entre eux gagnent juste un peu plus que le Smic, 1 500 euros nets par mois, pour un travail à temps plus que plein, et un niveau de responsabilité élevé », souligne Lionel Deshors, directeur associé chez CCLD Recrutement, qui voit plus d'enseignes chercher que de candidats postuler. Or, toutes les enseignes se ruent sur la proximité et cherchent des profils de directeurs de petites surfaces allant de 100 à 800 m², avec une équipe de 2 à 40 personnes.

Des profils qui peuvent se recruter parmi d'anciens salariés. Après un passage au marketing des produits frais à la centrale d'achats de Carrefour, Didier Morcel avait envie, à 32 ans, d'un poste plus opérationnel. Il l'a trouvé en prenant la direction d'un Carrefour City dans la banlieue toulousaine. Actuellement locataire-gérant - il loue son fonds de commerce à Carrefour -, il aspire à devenir franchisé demain. « J'ai franchi le pas pour avoir ce sentiment d'indépendance et d'être chez moi, raconte Didier Morcel. J'ai onze salariés, dans 280 m², et je suis totalement maître de mes achats. Le système de location-gérance me permet en outre de me constituer le capital nécessaire pour devenir propriétaire d'ici à deux ou trois ans. Pour être passé par la case salarié, je sais aujourd'hui pour qui sont les heures, et je me bâtis un capital pour être demain totalement chez moi. »

 

 

Des salariés désireux de prendre leur envol

 

Le métier de directeur de supérette revêt deux formes : des gérants qui ont le simple statut de salarié, mais aussi des futurs franchisés, tout aussi recherchés par les enseignes. « Il leur faut des gens qui ont une capacité d'investir, précise Lionel Deshors. La mise de départ est de 100 000 euros minimum et peut aller jusqu'à 300 000 euros. » Peuvent alors être intéressés des managers de rayon confirmés ou des directeurs de supermarchés intégrés qui veulent prendre leur envol. Spar et Vival chez Casino, U Express chez Système U, Carrefour City et Carrefour Contact, toutes sont en quête de managers de proximité.

« Cela peut attirer un chef de rayon ou un chef de secteur d'un groupe intégré ou un directeur de supermarché en poste qui n'aurait pas assez d'apport personnel pour ouvrir une grande surface », assure Louis-Marie Vallée, qui s'occupe de la commission postulants pour tous les nouveaux entrants dans le groupe Système U. Celui-ci nourrit de grandes ambitions pour les trois prochaines années dans les petits formats. Deux cents nouveaux U Express (300 à 600 m²) devraient éclore d'ici à 2012. Pour ouvrir, la mise de départ varie entre 50 000 et 200 000 euros, selon le chiffre d'affaires prévisionnel. Conscient que trouver autant de potentiels est loin d'être facile, l'enseigne a lancé une enquête auprès de ses 1 000 associés pour savoir s'ils ont identifié des candidats dans leur entourage. « L'avantage de la cooptation, c'est de passer par des collaborateurs qui connaissent déjà le mode coopératif », estime Louis-Marie Vallée. Mais le recrutement peut aussi se faire en externe, par exemple, chez des quadras de Carrefour en mal d'évolution et qui auraient envie d'un vent de liberté. Sachant que dans une supérette, d'autres contraintes les attendront. Ils devront être à la fois de bons gestionnaires, de bons managers, de bons commerçants. La perle rare.

Un métier pour deux :

Patrice Delaruelle, 43 ans, et Valérie Dubuc, 40 ans, gérants mandataires d'un Petit Casino proche de la tour Eiffel, à Paris.

Leur fonction : ils sont à la tête d'une supérette de 87 m² dans le 15ème arrondissement de Paris. Ils travaillent en permanence tous les deux et leur magasin a affiché en 2010 la meilleure progression en chiffre d'affaires de tout le réseau (+ 60%).

Les avantages du métier :

  • Une certaine indépendance, grâce à une maîtrise des stocks et à un libre choix de commander.
  • Un logement dont le loyer est payé.
  • Une rémunération qui varie en fonction de l'activité : 6% de commission sur le chiffre d'affaires à partir d'un CA mensuel de 35 000 euros.
  • La reprise systématique des périmés.

Les exigences du métier :

  • Une amplitude horaire maximale, six jours sur sept, de 9 heures à 22 heures.
  • La responsabilité du compte d'exploitation et une gestion qui peut paraître complexe.

Les qualités nécessaires...

  • Une grande disponibilité.
  • Une capacité de gestion des équipes.
  • Le sens du commerce.
  • La maîtrise d'un compte d'exploitation.
  • Une certaine polyvalence : souvent, il faut passer de la caisse à la mise en rayon...

Pour des postes nombreux mais peu rémunérés...

- Les enseignes alimentaires ont toutes des programmes d'ouverture ambitieux pour 2011.Carrefour veut doubler son parc de Carrefour City et Carrefour Contact (400 ouvertures prévues), Casino prévoit 530 nouvelles supérettes en 2011, Auchan veut créer 50 nouveaux magasins avec l'enseigne A2Pas et U projette 200 ouvertures d'ici à 2012.

- Elles ont du mal à recruter : les salaires ne sont pas forcément très élevés et beaucoup de gérants gagnent moins que le Smic. La rentabilité des points de vente n'est pas assurée, les paniers moyens étant faibles et les emplacements pas toujours idéaux.

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