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Direction de Doux : "Il ne faut pas répondre aux questions, c’est un piège !"

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La direction de Doux implore la discrétion des syndicats. Raté.

Doux
Doux© DR

La gestion de crise a aussi son lot de maladresses. La direction du groupe Doux, qui s’illustre dans les journaux concernant les 55 millions d’euros d’aides perçues dans le cadre des subventions européennes à l’export, a demandé aux syndicats une requête quelque peu saugrenue : "Nous vous demandons de limiter la communication et de ne pas répondre aux questions concernant Doux: c'est un piège", indique le courriel signé Arnaud Marion, manager de transition, chargé de la mise en place du plan de continuation du groupe volailler.

"Submergés"

Le courriel, daté du 18 janvier, est adressé aux trois délégués centraux de Doux, c’est-à-dire Jean-Luc Guillart (CFDT), Raymond Gouiffès (CGT) et Nadine Hourmant (FO). En préambule, la direction admet sa faute: "Nous sommes tous submergés pour le sujet des restitutions". Sauf que pour la direction, ce n’est pas une grande nouvelle. La crainte de la baisse de ces aides remonterait à 2005, comme l’affirme Agnès Le Brun, maire UMP de Morlaix et députée européenne dans l’édition Ouest-France du 25 janvier. Le volailler était, encore en 2012, le premier bénéficiaire de la PAC.

Méfiance

"C'est un problème de filière et pas d'entreprise", juge encore Arnaud Marion, dans le courriel. "Merci de ne divulguer aucun chiffre en quoi que ce soit et de ne répondre à aucune question sur l'impact sur notre business plan. Ce n'est pas le problème, le problème c'est 5.000 emplois", écrit-il. "Ne laissez pas les journalistes attaquer votre entreprise ! A qui profite le crime", poursuit-il.

Les syndicats n’ont visiblement pas suivi cette recommandation. "Ils nous disent de ne pas communiquer avec la presse et de faire très attention, sauf que lorsqu'on était en liquidation judiciaire et qu'il y avait des appels d'offre on attendait les journaux du matin pour savoir qui allait racheter tel site", s'est par ailleurs souvenu avec ironie Jean-Luc Guillart.

Les volaillers Doux et Tilly-Sabco sont touchés de plein fouet par la récente décision de Bruxelles divisant par deux les subventions octroyées à la France pour l'exportation de poulets.

La FGA-CFDT dénonce le manque d’anticipation des industriels de la filière volaille. Depuis l’accord de Marrakech de 1994, chacun sait que les restitutions, qui ont des effets néfastes sur les agricultures locales des pays en voie de développement, ont vocation à être réduites puis à disparaître. L’annonce par la Commission de la réduction de moitié de celles-ci pour l’exportation de volailles n’est donc pas une surprise, déclare encore le syndicat dans un communiqué en date du 29 janvier.

 

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