Disney se lance à la conquête du jeu vidéo

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Le groupe semblait hésiter sur la manière d'aborder le secteur du jeu vidéo. La création d'une structure intégrée, Buena Vista Games, illustre ses ambitions.

250 000 exemplaires mis en place pour Le monde de Narnia au lancement. 180 000 pour Chicken Little. Accompagnant la sortie en salles des deux grands films de Noël signés Disney, les jeux vidéo de sa filiale Buena Vista Games (BVG) font, eux aussi, figure de rouleau compresseur. « Les deux jeux ont été implantés dans la distribution avant la sortie des films parce que, si nous voulions avoir une place dans les rayons à Noël, il ne fallait pas arriver après le premier week-end de décembre », explique Christophe Maridet, directeur France et Benelux de BVG. La stratégie semble avoir porté ses fruits : la version DS de Narnia est déjà en rupture en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne où BVG s'est implantée au printemps.

Une cible plus large

Pour les consommateurs, le changement de tactique du groupe risque de ne pas être immédiatement perceptible, les personnages de Disney ayant toujours été présents au rayon jeux vidéo. Mais la création d'une filiale dédiée au développement et à la commercialisation de jeux est une grande première pour la multinationale qui, jusque-là, les sous-traitait. « Le groupe attendait que le marché soit mature, assure Christophe Maridet. Aujourd'hui, il s'élargit. Microsoft veut vendre sa XBox à une cible familiale, et les revendeurs spécialisés tels Micromania ou Game nous accueillent à bras ouverts. Eux aussi veulent toucher un autre public que les joueurs fanatiques. »

Parallèlement, des développeurs venus de chez Electronic Arts - dont Christophe Maridet était, jusqu'en 2004, directeur marketing - ont été embauchés, et l'équipe commerciale a été bâtie autour d'anciens de chez Microsoft et Konami. Des gages de professionnalisme pour un projet ambitieux. Car BVG ne vise rien moins qu'une place dans le top 5 des éditeurs de jeux vidéo dans les cinq ans à venir. Optimiste, d'autant que Disney ne semble pas envisager, pour l'heure, de recourir au rachat de concurrents potentiellement à vendre. « Nous avons un atout unique, insiste Christophe Maridet. Lors d'un lancement, nous sommes les seuls à pouvoir proposer à la distribution une offre complète comprenant le DVD, les livres, la bande originale et le jeu vidéo. » Une force de frappe certaine, dont l'impact réel dépendra cependant du succès des films Disney, en petite forme ces dernières années, sauf pour les coproductions avec Pixar, qui vole désormais de ses propres ailes.

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Article extrait
du magazine N° 1933

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