Franchise Expo Paris 2014

Disparition de Philippe Bouriez, le fondateur de Cora

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Après Paul-Louis Halley et Edouard Leclerc, c'est au tour de Philippe Bouriez, l'un des derniers pères fondateurs de la distribuion moderne en France de tirer sa révérence. Philippe Bouriez, président d'honneur du groupe Louis Delhaize, qui exploite notamment les enseignes Cora-Match en France, est décédé vendredi 14 mars à l'age de 81 ans. Il a considéralement développé ce groupe famial, désormais aux mains de son frères, Jacques, et de ses fils François et Pierre, cinquième génération de la famille à présider les destinées du groupe. Philippe Bouriez s'est notamment distingué en résistant bec et ongles aux véleités successives de Carrefour, puis de Casino d'absorber l'entreprise. Pour autant, cette dernière avec environ 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires réalisés en Europe et 3,5% de parts de marché alimentaire en France fait toujours figure de proie potentielle dans le grand domino de la concentration du secteur.

« Je suis plus un chef d’entrepreneurs qu’un chef d’entreprise », aimait à expliquer Philippe Bouriez
« Je suis plus un chef d’entrepreneurs qu’un chef d’entreprise », aimait à expliquer Philippe Bouriez© DR

Philippe Bouriez, avait laissé la direction exécutive du groupe en 2009 alors qu'il était déjà malade depuis plusieurs années, à ses deux fils, François et Pierre, sous le contrôle de son frère Jacques, président du conseil de surveillance, dont le fils, Louis, dirige les supermarchés français depuis un peu plus d'un an.François, Pierre et Louis représentent la cinquième génération d’une saga familiale commencée en Belgique en 1870.

Leur père et oncle leur a laissé un groupe totalement indépendant : une véritable obsession pour ce manager qui a gardé de sa première expérience dans des hypers sous franchise Carrefour, entre 1969 et 1974, puis ensuite seul sous l’enseigne Cora, le credo que ses magasins devaient être gérés avec le plus d’autonomie possible pour garantir la meilleure adaptation au terrain qui soit.

« Je suis plus un chef d’entrepreneurs qu’un chef d’entreprise », aimait-il à expliquer, s’avouant souvent très sceptique sur les bénéfices des fusions et rapprochements entre distributeurs. Son indépendance, il s’est battu bec et ongles pour la garder en résistant pendant dix longues années, entre 1996 et 2006, aux assauts successifs de Carrefour puis de Casino.

Au moins le dénouement de cette affaire aura permis au patriarche de consolider le capital du groupe dans lequel il est entré à 32 ans, en 1965, pour rejoindre, après des débuts dans l’industrie (tabac et textile), son père André Bouriez, alors président du groupe succursaliste Docks du Nord-Mielle. Quatre ans plus tard, il y développe les premiers hypers et en devient PDG en 1974, date de la rupture avec Carrefour et de la création de l’enseigne Cora.

Philippe Bouriez est aussi l’un des tout premiers polytechniciens à s’être intéressé à la distribution (il est également IEP et Harvard). À charge aujourd’hui pour ses deux fils, également sortis de l’X, de porter haut les vertus de l’indépendance et de l’autonomie. 

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