Marchés

Dominique Langlois, président d’Interbev, l’Interprofession du bétail et des viandes : « Il est urgent d’enclencher le processus de revalorisation des prix de la viande bovine » [Interview]

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A l’occasion de la convention annuelle d’Interbev, l’interprofession des viandes et du bétail, qui s’est tenue ce mercredi 24 juin 2015 à Paris, Dominique Langlois, son président, revient pour LSA sur la crise qui touche les éleveurs bovins. Selon lui, les prochains jours vont se révéler déterminants.

Dominique Langlois, président d'Interbev
Dominique Langlois, président d'Interbev© © Xavier Granet / INTERBEV

Depuis la réunion qui s’est tenue mercredi 17 juin 2015 au ministère de l’agriculture en présence de l’ensemble des représentants de la filière, la situation semble toujours aussi tendue et a abouti à la  dégradation au début de cette semaine de nouveaux points de vente. Quel sens faut-il donner à ces actions?

Les difficultés des éleveurs ne datent pas d’hier et elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain. La dégradation progressive de leurs revenus et des débouchés conduit aujourd’hui à une situation d’exaspération. Les éleveurs ne voient plus quelles peuvent être leurs perspectives. Il existe pourtant des relais de croissance, notamment l’export, comme cela a été rappelé à l’occasion de la convention annuelle d’Interbev qui s’est tenue ce mercredi 24 juin 2015. Mais les éleveurs bovins qui gagnent 12 000 € par an n’en peuvent plus. Pour eux, le seul moyen de se faire entendre est de passer à l’action.

Depuis ces derniers jours, les distributeurs multiplient les communiqués de soutien à l’égard des éleveurs alors que les industriels se montrent beaucoup plus discrets sur le sujet. Quelles sont leurs craintes ?

La réunion qui s’est tenue mercredi 17 juin  2015 juin au Ministère de l’agriculture a réuni l’ensemble de la filière. Tout le monde a dit oui pour une revalorisation des prix de la viande. C’est un signal fort donné aux éleveurs. Mais l’accord qui a été décidé prend effectivement du temps à se mettre en place. Il semble que les industriels soient un peu perdus et cela peut sans doute s’expliquer par une crainte de qualification d’entente sur les prix, comme cela a pu se produire dans le passé.  Mais ces derniers ne doivent pas avoir peur car toutes conditions sont réunies pour enclencher un processus de revalorisation des prix. Les distributeurs sont unanimement d’accord sur ce point.

Les prochains jours vont-ils être décisifs ?

Si la semaine prochaine, il n’y a pas de variation de la cotation, je crains une dégradation de la situation. Les éleveurs sont tout à fait conscients que tout ne peut pas être fait immédiatement. Cependant, il est important de leur montrer que le processus est bel et bien enclenché. Les industriels et les distributeurs doivent dire clairement qu’ils croient encore dans la filière. Ce message d’urgence ne doit pas dispenser les professionnels d’un travail de fond. Segmenter différemment le rayon boucherie, mais aussi assurer la transparence des cotations et des transactions constituent les principales pistes, tout comme la création d’un indicateur de référence pour le prix de base des produits.  Nous avons le plus gros troupeau d’Europe dont la qualité est reconnue dans le monde entier. L’enjeu est de taille. 

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