Doux bientôt repris par un groupe saoudien et le holding de Calmels

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Le groupe, en liquidation judiciaire depuis le mois de juin 2012, entrevoit enfin le bout du tunnel. Son premier client et un fonds d'investissement se sont positionnés dans le plan de continuation du volailler.

Didier Calmels, fondateur du fonds D&P Finance, et Almunajem aux commandes de Doux.
Didier Calmels, fondateur du fonds D&P Finance, et Almunajem aux commandes de Doux.

Le plan de continuation de Doux commence à prendre forme. Il était temps : la fin de la période d'observation, reportée déjà deux fois depuis le mois de juin 2012, s'achève fin novembre. Le sort de ses 2 400 salariés, répartis sur les dix sites que compte désormais le volailler, est en jeu. (cinq usines dédiées à la production, trois couvoirs et deux d'usines d'aliments).

Acteurs connus

Qui sont les repreneurs ?

  • Almunajem est le principal client de Doux pour l'export de poulets surgelés. Le groupe saoudien devrait prendre 25% du capital de Doux.
  • Développement et Partenariat Finance (D et P Finance) est un fonds d'investissement fondé en 1992 par Didier Calmels, qui en est toujours l'actionnaire principal. Il devrait détenir 52,5% de Doux.

Les deux acteurs qui s'apprêtent à prendre le capital de Doux à l'heure où nous mettons sous presse ne sont pas inconnus au dossier. « Nous savions déjà que la reprise par Almunajem et Didier Calmels était dans les tuyaux. Maintenant, le dossier de reprise se précise », détaille Jean-Luc Guillard, ex-Doux et membre du syndicat agroalimentaire du Finistère CFDT-Bretagne.

Dès le mois de mai, des informations circulaient, en effet, sur une possible reprise du volailler par Didier Calmels, qui se serait emparé des deux tiers du capital. Plus récemment, le premier client à l'export de Doux, le groupe saoudien Almunajem, s'était dit prêt à « monter autour de 25% du capital », mais le chiffre exact pouvait varier. Le représentant français de la firme, Amr Al Kouatli, avait ajouté qu'Almunajem travaillait « de manière très étroite » avec le gouvernement français dans ce dossier.

Actuellement, la famille Doux contrôle 80% du capital du volailler, et BNP Paribas, 20%. À l'issue des négociations, le holding de Didier Calmels, D&P Finance, devrait détenir 52,5% du capital du volailler, 25% devraient être attribués à Almunajem. Les 22,5% restants reviendront à la famille fondatrice.

« Attention aux financiers »

La reprise par des financiers, c'est bien beau, mais il ne faut pas que les chiffres soient une barrière d'ajustement sur l'emploi. On a quand même déjà perdu 1 000 emplois... », s'inquiète le syndicaliste Jean-Luc Guillard. Doux s'est, en effet, délesté de son pôle frais en septembre 2012 et a réalisé cette même année un chiffre d'affaires de 650 millions d'euros. La situation devrait s'éclaircir le 26 novembre, date à laquelle le tribunal de commerce de Rennes tranchera sur le sort du volailler breton.

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Article extrait
du magazine N° 2297

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