Marchés

Doux: verdict du tribunal de commerce de Quimper vendredi 22

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Les juges du tribunal de commerce de Quimper ont entendu hier les dirigeants de Doux à l’occasion d’une audience qui doit décider de la prolongation de la période d’observation, fixée au 28 février, alors que la société est en redressement judiciaire. Le verdict sera rendu le vendredi 22 février à 15 heures

Dans le tribunal, Charles Doux est venu s’installer au milieu des salariés qui sont venus défendre leur entreprise, comme le montre des photos sur le site de Ouest-France. Le patron du groupe volailler avait assuré, la semaine dernière, que la société était en ordre de marche. Il devait demander une prolongation de trois mois au tribunal de commerce, qui avait déjà été accordée dans le passé. « Le groupe va bien, il est désormais en ordre de marche et rentable, nous préparons donc un plan de continuation capable d'assurer l'avenir ».  

Beaucoup de dettes

Doux a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 530 millions d’euros dont 400 sur le grand export, avec un ebitda de 14,5 millions d’euros. Mais il continue de crouler sous les dettes, 270 millions d’euros en France et 70 millions de créances au Brésil dans la filiale Frangosul, qu’il cherche à vendre au leader de la volaille brésilien JBS. Les négociations sont en cours, mais pas abouties… Pour le patron de Doux, les dettes pourront être remboursées sur 10 ans.

La question des subventions

Doux a par ailleurs fait les frais de la division par deux des restitutions, c’est-à-dire les subventions à des ventes de volailles (des petits poulets congelés) à l'exportation qui font l’essentiel du chiffre d’affaires. La manne totale des restitutions représentait l’an dernier 55 millions d’euros pour l'entreprise basée à Chateaulin. Or, la rumeur veut que la totalité des subventions, compte tenu des cours du marché mondial du poulet, soit supprimée à partir de juillet prochain. Doux assure qu’il pourra faire face, mais le montant représente tout de même près de quatre fois l’ebitda « et l’euro très fort en ce moment ne facilite la tâche des exportateurs de volailles », indique un expert.

Des craintes pour Doux et Tilly Sabco

Des débats avaient lieu d'ailleurs lieu hier à Chateaulin, ville qui accueille le siège social de Doux, pour soutenir le maintien des restitutions, en présence des syndicats et de dirigeants de Doux et de Tilly Sabco (80 % à l'export), ainsi que des élus de droite et de gauche. Les dirigeants ont réclamé que la baisse des restitutions soit étalée dans le temps, afin que les entreprises puissent « améliorer leur compétitivité ». Autant d’ombres qui planent sur Doux et la filière volaille, avec des baisses de prix pour les éleveurs. Le verdict du tribunal de commerce résultant de l’audience de Doux sera probablement mis en délibéré.

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