Drive: Faut-il s’inquiéter des fermetures?

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Après Carrefour cet été c’est Chronodrive, la filiale d’Auchan, qui a annoncé la fermeture de trois nouveaux drives à Mulhouse et Saint-Berthevin en Mayenne. Suffisant pour remettre en question le modèle?

Panneau drive parking
Panneau drive parking© G. B. 2013

Et de six. Avec les fermetures annoncées cette semaine de deux Chronodrive dans la région de Mulhouse et d'un Auchan Drive près de Laval, cela porte à six à notre connaissance le nombre de fermetures de drives en France en 2013: le Chronodrive d’Halluin (Nord), le Carrefour de Tours, le Leader Price Drive de Cannes (en fait déplacé) et donc les deux Chronodrive de Mulhouse, ainsi que le Auchan Drive de Mayenne. Le début d’une épidémie? De l’extérieur on serait tenté de le croire. Après les grandes heures à la manière "conquête de l’Ouest", le drive aurait-il déjà atteint sa phase de maturité? Après tout, avec près de 2800 drives répartis sur tout le territoire, le maillage de ces magasins est déjà bien plus dense que celui des hypers (1956 hypers à date selon la base données LSA Expert)... Il est très tentant de conclure qu’on est au bord de l’asphyxie de drives en France et qu’il devrait y avoir de la casse dans les mois qui viennent. Que ces cinq fermetures-là ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

Mais à y regarder de plus près, il semble que ces arbres étaient bien mal en point et que derrière la forêt est très dense... Il suffit de faire un petit calcul: cinq fermetures de drives sur les 2800 que comptait la France à fin septembre, cela représente un taux de... 0,18%. Et même si on le compare au nombre d’ouvertures de drives en 2013 (aux alentours de 800), cela représente toujours un taux ridiculement bas de 0,6%. Il y a donc chaque mois en France 10 fois plus d’ouvertures que de drives qui ont fermé depuis le début de l’année... Certes, il y a peut-être quelques fermetures plus discrètes qui échappent à nos radars, mais certainement pas de quoi conclure en une épidémie.

Les différents cas de fermetures évoqués ici ont à chaque fois des raisons spécifiques liées à la zone de chalandise. Et la fermeture d’un drive ne remet pas en cause la perénité d’un modèle plébiscité par les consommateurs. Chaque année, sa part de marché double dans les achats alimentaires en France: de 0,7% en 2010, elle est passé à 3% à fin 2012 et devrait dépasser les 5% d’ici la fin de l’année. Voire 8% à horizon 2015... A l’instar du e-commerce en général, les défaillances individuelles de tel ou tel n’entame pas l’inexorable marche en avant du secteur avec une croissance attendue de 15% en France cette année. Reste la question de la rentabilité et des modèles économiques. Mais si la demande est là, eux aussi finiront bien par émerger.

Lire par ailleurs notre article sur l'avenir du drive dans le prochain numéro de LSA du 21 novembre

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