Drôle de troc

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EDITORIALAnalyser la concurrence

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On le sait, une saine concurrence fait baisser les prix. Or, en France, des zones de chalandise manquent justement de concurrence. Si le diagnostic lancé par UFCQue choisir est exact, l'un des remèdes proposés par l'association de consommateurs est contestable. Elle propose, ni plus ni moins, que de
redistribuer les cartes localement, donc de forcer des enseignes à revendre des magasins qu'elles gèrent depuis des années.

Surprenante proposition qui suscite au moins deux objections. Primo, comment établir la liste de ces zones «coupables» de non-concurrence. La carte établie la semaine dernière par Que Choisir se base uniquement sur les hypermarchés et les hard-discounters.

Oubliant volontairement la bagatelle de 5204 supermarchés (plus de 6 millions de mètres carrés !). Comme si un magasin de 2499 m² ignorait son voisin de 5000 m², alors que celui de 2500 m² bataille
durement contre lui ! De telles études doivent également prendre en compte que les hypermarchés luttent aussi contre les grandes surfaces spécialisées; qu'indépendants et franchisés défendent d'abord leurs intérêts et n'hésitent pas à baisser les prix face à d'autres patrons de la même enseigne ; que le commerce électronique change quelque peu la donne...

Autant dire que les études de concurrence - utiles et nécessaires - méritent des analyses beaucoup plus poussées.

Seconde objection, quelle drôle d'idée de vouloir relancer une méthode qui s'apparente à celle du troc. Nul ne sait si cette idée peut être qualifiée d'ultralibérale (favoriser la concurrence par n'importe quel moyen) ou de «soviétique» (l'obsession de la planification).

Et pourquoi, si ce scénario est retenu, ne pas l'imposer dans tous les secteurs? Pourquoi ne pas demander à France Telecom de revendre des agences, à Renault de mettre sur le marché des concessions, à des pétroliers de se débarrasser de stations, ou à la SNCF de privatiser plus de lignes?

Si des zones de chalandise souffrent d'un manque de concurrence - ce qui, encore une fois, n'est pas contestable -, il convient davantage de surveiller toutes fusions et acquisitions (ce que le Conseil de la concurrence fait depuis des lustres), d'autoriser l'arrivée de nouvelles enseignes, voire d'interdire le moindre agrandissement, plutôt que de se lancer dans une redistribution des cartes dont on ne sait pas
si elle bénéficiera réellement aux consommateurs et dont on peut imaginer qu'elle déplaise aux salariés qui devraient changer d'enseigne.

Après les études de prix abracadabrantesques de «60 Millions de Consommateurs», la proposition de l'UFC-Que Choisir ressemble là aussi à une opération médiatique ignorant les réalités économiques
et la vérité du terrain.

Yves Puget, rédacteur en chef
ypuget@lsa.fr
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