«Drone» d'histoire

|

Imaginez le spectacle ! Dans le ciel de Paris, le drone d’Amazon croise celui de Google qui vient de doubler celui de Leclerc. À l’angle de la rue de la Convention et de la rue d’Alésia, 56 engins volants d’autant de grandes marques de la consommation attendent tranquillement en vol stationnaire l’autorisation de poursuivre leur tournée. C’est l’heure de pointe. À la Préfecture de Paris, les aiguilleurs du ciel ne savent plus où donner de la tête. Rue de Belleville, Madame Durant est dans le même état d’énervement. Pas moins de deux drones la harcèlent de SMS. Le premier klaxonne devant sa fenêtre du 5e étage et le second est posé dans le parkodrone au coin de la rue…

« Dans une période peu propice à l’imaginaire positif, qu’il est doux de rêver un peu… »

Face à cette évolution du commerce, des syndicats montent au créneau. Ils craignent la disparition des livreurs, ces petits métiers essentiels pour des personnes peu diplômées ou cherchant un travail à temps partiel. Ils sont rejoints par des sociologues, qui expliquent que, dans une société digitalisée, les livreurs jouent un rôle social crucial : ils sont souvent le seul lien humain avec tous ces Français qui ne côtoient plus personne. La presse n’est pas en reste, et peste contre ce commerce destructeur d’emplois. Pour finir, les écologistes s’élèvent contre cette pollution visuelle qui s’installe au-dessus de nos têtes…

Ce scénario futuriste, ou fantaisiste, certains l’imaginent déjà. Ainsi, la semaine dernière, Google a révélé qu’il planchait sérieusement dessus. Une annonce faite quelques mois après celle d’Amazon. Que faut-il en penser ? On peut en sourire, tant ce futur paraît bien éloigné. Les sceptiques ont raison de clamer que la livraison par drones ne peut s’envisager que pour quelques livres et non pour un panier d’hypermarché. Que si, dans les zones reculées et peu peuplées comme le bush autraslien, cette piste est diablement intéressante, elle paraît peu probable au centre des grandes villes (que les drones n’ont pas le droit de survoler).

Il convient pourtant de regarder cette tendance avec attention, tant les secteurs économiques en parlent. Certes, il ne faut pas être crédule. De telles annonces génèrent un formidable buzz dans la presse et sur la Toile. Autant de publicité gratuite et une image de modernité valorisée à moindres coûts. Sans oublier que la Bourse et les actionnaires adorent suivre des entreprises qui parient sur l’économie numérique, et encore plus celles qui font rêver. Enfin, il est sain, et même rafraîchissant, de voir des entrepreneurs se transportant dans le futur. Dans une période peu propice à l’imaginaire positif, qu’il est doux de rêver un peu.

En attendant, il ne sert à rien de vérifier comment votre magazine préféré est arrivé sur votre bureau. La Poste est passée par là… Sauf pour ceux qui reçoivent chaque semaine la version numérique sur leur tablette. Et ça, personne ne l’avait supposé avant le 27 janvier 2010. Le jour où Steve Jobs, alors patron d’Apple, annonça au monde entier la sortie de l’iPad

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2332

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous