Du champ à l’assiette, le modèle Bonduelle [Reportage]

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Dossier Le leader mondial de la transformation de légumes, Bonduelle, veut remettre les surgelés au cœur de la consommation des Français. Il vante les qualités nutritionnelles apportées par ce procédé de fabrication. Immersion dans la plus grande usine mondiale de Bonduelle, située dans la Somme.

A environ 60 kilomètres d’Arras (Pas-de-Calais) et d’Amiens (Somme), en pleine campagne, se trouve le plus grand site industriel au monde de Bonduelle, à Estrées-Mons. Chaque année, 205 000 tonnes de légumes sont produites autour de deux technologies : 130 000 tonnes de conserves et 75 000 tonnes de surgelés. « Il est fréquent que ces deux procédés soient utilisés sur le même site », reconnaît Emmanuelle Cousy, directrice marketing Food Service Europe du groupe.

L’usine d’Estrées-Mons en chiffres

  • 75 000 tonnes de légumes surgelés produites chaque année
  • 36 légumes différents transformés
  • 2 unités de production pour 45 000 tonnes de surgelés en vrac (haricots, pois, carottes…) et 30 000 tonnes de feuillus (épinards, oseilles, choux…)

Source : Bonduelle

Des rythmes différents

Aujourd’hui, à Estrées-Mons, Bonduelle transforme des haricots verts surgelés. « De juin à octobre, c’est le rush, près de 80% de nos volumes sont réalisés à ce moment-là. Le reste de l’année, le rythme de production moins intensif permet à l’usine de se consacrer davantage aux opérations de maintenance et d’optimisation du matériel », explique Emmanuelle Cousy.
Tout au long de la journée, les camions affluent avec chacun à son bord 20 tonnes de légumes. Les produits sont déchargés et envoyés sur une des deux lignes de production : l’une pour les légumes en vrac (type pois, haricots, carottes, poireaux…), et l’autre pour les feuillus (comme les choux, l’oseille ou les épinards pour les purées et les palets). Dès leur arrivée, les légumes sont ventilés pour éliminer d’éventuelles présences de corps étrangers (insectes, nuisibles, morceaux de bois…). Puis, ils sont envoyés dans un tunnel de présurgélation entre - 1°C et - 2°C pour leur permettre de prendre forme. Ils peuvent ensuite être coupés, en fonction de la fabrication du jour, avant la surgélation définitive, où ils sont passés dans un tunnel à - 27°C pendant trente minutes.

En vrac dans des bacs

Dernière étape : les produits sont placés dans des bacs, en vrac, pour être stockés. « Il peut y avoir un conditionnement immédiatement en sortie du tunnel de surgélation pour obtenir un produit commercialisable, mais dans la majorité des cas, le légume surgelé est stocké dans des contenants en vrac. C’est plus économique et cela nous permet de répondre au mieux aux besoins de nos clients, en réalisant des assemblages ou mélanges de légumes », détaille Hervé Chenault, directeur de l’usine. En chambre froide, Bonduelle peut stocker jusqu’à 60 000 tonnes de produits avant de les envoyer chez ses clients distributeurs. Un processus simple pour un produit de qualité, c’est le message de Bonduelle. « Nous voulons remettre le légume au centre de la consommation. Les Français attendent des solutions. Ils ont une relation avec la cuisine différente, avec des nouvelles tendances de créativité. Nous devons leur apporter des réponses », ajoute Emmanuelle Cousy. Pourtant, aujourd’hui, si les légumes sont les deuxièmes aliments les plus consommés par les Français, ils ne sont que 15% à manger les cinq fruits et légumes par jour, recommandés par le PNNS (Programme national nutrition santé). Et ils se tournent plus souvent vers les légumes frais, pensant qu’ils sont les référents en termes de fraîcheur. « En tant que leader des légumes prêts à l’emploi, nous avons du travail à faire pour accélérer la fréquence d’achat des légumes surgelés et un rôle pédagogique à adopter », note la directrice marketing.

Une conservation vertueuse

Ainsi, un plan de communication doit être mis en place pour prôner les avantages de ce mode de conservation. « Les surgelés sont pratiques, portionnables, disponibles toute l’année. Ils sont cueillis et transformés le jour même. Il ne se passe pas plus de trois ou quatre heures entre l’arrivée du légume dans l’usine et son envoi en chambre froide, afin de garder le maximum de nutriments et de vitamines », assure Jean-Luc Bruandet, directeur commercial et marketing Bonduelle France et Europe Long Life.
Par ailleurs, Bonduelle s’attache à s’approvisionner en légumes locaux, une thématique chère pour les consommateurs français. Et 80% des légumes surgelés, transformés sur les sites de Bonduelle (25 en France et 58 dans le monde), proviennent de producteurs présents dans un rayon de 80 km autour des usines, soit à deux heures maximum du site de production. « Les 20% restants sont des légumes qui ont besoin de chaleur et de soleil, comme les aubergines ou les poivrons. Nous les cultivons en Espagne ou au Portugal », précise Jean-Luc Bruandet. Et pour garantir un approvisionnement pérenne, Bonduelle a constitué une organisation de producteurs avec des contrats annuels. « 97% de notre approvisionnement sont faits via cette organisation de producteurs. Nous avons un ajustement de 3% auprès de courtiers ou de sous-traitants », ajoute-t-il.
Les mentalités sur le surgelé doivent changer, et Bonduelle veut porter cette évolution. Dans ce cadre, le fabricant déploie, en magasins, un nouveau plan merchandising afin de favoriser les achats d’impulsion. Le changement ne se fera pas en un claquement de doigts, mais le processus est en marche. 

 

« Nous travaillons avec des producteurs dans un rayon de 80 km autour de notre site. Entre la récolte et le conditionnement, quatre à cinq heures se passent. »

Jean-Luc Bruandet, dir. marketing et commercial de Bonduelle France

 

Pic d’activité en été

Bonduelle transforme ses légumes tout au long de l’année. Mais le pic de l’activité, 75 à 80%, se fait sur les mois de juin à octobre. Pour les haricots verts, toute la saison se joue entre août et septembre. Des camions arrivent chaque jour avec environ 20 tonnes de légumes à chaque chargement.

Le plus grand site du groupe

Le site industriel de Bonduelle à Estrées-Mons (80) est la plus grande usine du groupe au monde. Chaque année, 205 000 tonnes de légumes sont transformées (75 000 tonnes de surgelés et 130 000 tonnes de conserves), avec 36 légumes différen60 000 TONNES DE STOCKAGE Une fois la transformation terminée, Bonduelle choisit de stocker ses produits en vrac ou déjà emballés dans la chambre froide (60 000 tonnes de produits), avant de les envoyer chez les clients distributeurs. Il ne s’est pas passé plus de quatre heures entre l’arrivée des légumes et leur conditionnement.ts. Le site emploie 920 salariés permanents.

Haute qualité 

Si l’usine d’Estrées-Mons est essentiellement automatisée, certaines tâches restent encore manuelles. Pour garantir un niveau de qualité optimal, les légumes sont ventilés pour éliminer tous corps étrangers, mais des vérifications sont faites par le personnel de la chaîne.

60 000 Tonnes de stockage 

Une fois la transformation terminée, Bonduelle choisit de stocker ses produits en vrac ou déjà emballés dans la chambre froide (60 000 tonnes de produits), avant de les envoyer chez les clients distributeurs. Il ne s’est pas passé plus de quatre heures entre l’arrivée des légumes et leur conditionnement.

Deux phases de surgélation

Pour que les légumes prennent forme, ils sont présurgelés entre - 1 °C et - 2 °C. En fonction de la production du jour et de la demande, ils peuvent être découpés avant la surgélation définitive où ils sont passés dans un tunnel à - 27 °C pendant trente minutes.

 

 

 

 

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Article extrait
du magazine N° 2376

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