E-commerce,c’est là qu’on recrute

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12 000 emplois créés en 2013, un peu moins en 2014, mais toujours plus : les effectifs des sites suivent la courbe ascendante du chiffre d’affaires (+ 13 % en 2013). Seul bémol, la difficulté des recruteurs à trouver les bons talents.

Les recruteurs sont optimistes. Selon l’étude de CCM Benchmark, 73?% prévoient d’embaucher l’an prochain.
Les recruteurs sont optimistes. Selon l’étude de CCM Benchmark, 73?% prévoient d’embaucher l’an prochain.© © Pierre Vassal

Alors que tout le monde bruisse de l’arrivée en Bourse d’Alibaba, nul ne sait combien ce géant pèse en termes d’emplois. Les « petits », comparés à lui, comme Amazon ou ventesprivees.com, figurent eux pourtant en bonne place dans le tableau des créateurs d’emplois nets, un classement auquel beaucoup aimeraient figurer. Établi par Xerfi en juin, Amazon se place entre EDF, McDonald’s ou Iliad, à la 9e place, avec 2 600 créations nettes d’emplois entre 2008 et 2013. Un chiffre que son PDG, Romain Voog, brandit dès qu’il est attaqué sur d’autres sujets. « 2 500 emplois d’ici à fin 2014 », a-t-il répliqué sur France Info quand on lui demandait où en étaient ses relations avec les éditeurs. La moitié en CDI, l’autre relevant de contrats saisonniers…

Toujours est-il qu’en un an, Amazon a accru de 20 % le nombre total de contrats à durée indéter­minée, principalement à des niveaux peu qualifiés, aux postes d’agent d’exploitation dans les centres de distribution. Une dynamique qui reflète la santé insolente de l’e-commerce en France. « C’est à l’image de la création des sites, explique Jérô­me Letu-Montois, directeur du Salon e-commerce qui se tiendra du 23 au 25 septembre à Paris. Leur nombre a crû de 17 % en 2013 pour atteindre les 138 000. En juin 2014, il y avait 145 000 si­tes marchands actifs en France. Pour mémoire, en 2005, lorsqu’on a commencé à avoir des données, on en comptait 15 000. Donc, sur dix ans, ce chiffre aura été multiplié par dix !

2013, année « exceptionnelle »

Loin derrière Amazon, ventesprivees.com se hisse au 31e rang avec 1 000 emplois créés, et showroomprive.com au 44e rang, avec 500 nouveaux emplois en cinq ans. Thierry Petit, cofonda­teur et co-CEO de ce site, a son explication. « L’e-commerce est très consommateur de ressources et, au fur et à mesure que les sites grandissent, ils ont besoin de plus d’ingénieurs, de logisticiens… Ce sont les petits sites marchands qui tirent cette croissance, sachant que les 40 premiers sites français sont à + 2 ou + 3 % d’évolution positive. » Et les anciens, qui pas­sent du commerce en dur au clic, embauchent moins car ils ont déjà les compétences. De fait, si elle est toujours à deux chiffres, la croissance se tasse. En 2014, les effectifs devraient croî­tre comme en 2012, de l’ordre de 13 %, après un rebond de 21 % en 2013 selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distan­ce (Fevad). « L’année 2013 avait été exceptionnelle, note Florence Debret, analyste senior pour CCM Benchmark qui réalise chaque année une étude pour la Fevad. Le mobile a pris de l’importance avec une logique multicanal et une personnalisation de l’offre. »

Nouveaux usages mobiles

Lorsqu’ils embauchent, les sites recherchent des développeurs web et des ingénieurs data en priorité. Exit les communauty managers que l’on s’arrachait encore à prix d’or il y a deux ans ! « Nous investissons beaucoup dans les big data et tout ce qui tourne autour de la mobilité », confirme Thierry Petit. Parmi les 150 personnes qui seront recrutées par le site de ventes privées figurent des développeurs web, qui intégreront une équipe resserrée pour travailler aux usages mobiles. Mais aussi des profils internationaux et, notamment, des bilingues natifs pour les nouveaux marchés que vise showroomprive, essentiellement en Europe.

Des profils trop rares

Seul nuage dans ce ciel limpide, la difficulté à recruter. Dans l’enquête CCM Benchmark, une majorité écrasante de responsables de sites (85 %) déclarent ne pas trouver chaussure à leur pied. « C’est extrêmement compliqué de trouver les bons profils, soupire Thierry Petit. Les politiques ne s’en rendent pas compte, mais c’est long de détecter les talents. Et quand on passe par Pôle Emploi, on reçoit 10 000 dossiers qui n’ont aucun sens pour un simple poste de manutentionnaire ».

La rareté coûte cher ou rapporte beaucoup, cela dépend de quel côté on se place… Du coup, les développeurs web ou les ingénieurs data peuvent négocier leurs salaires à la hausse. « Les profils de statisticiens sont très recherchés, précise Florence Debret. Mais les jeunes qui bénéficient de nouvelles formations ne sont pas encore sortis des écoles. » Tout cela ne freine pas les ardeurs des recruteurs, optimistes pour 2015. Selon CCM Benchmark, plus des deux tiers (73 %) prévoient d’embaucher l’an prochain et, pour 22 % d’entre eux, ces effectifs devraient s’accroître fortement. C’est le cas dans le secteur du textile, gros pourvoyeur d’emplois dans l’e-commerce déjà en 2014. La barre symbolique des 100 000 person­nes sera atteinte à la fin de l’année. ???Magali Picard 

+ 13 % L’évolution prévue des effectifs dans l’e-commerce en 2014 12 000 emplois créés dans l’e-commerce en 2013 85 % des responsables d’e-commerce déclarent rencontrer des difficultés pour recruter certains profils

Source : CCM Benchmark pour la Fevad

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Article extrait
du magazine N° 2333

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