E-commerce : comment Alkemics veut aider les industriels français à s’exporter… chez Walmart

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La start-up Alkemics, spécialiste dans l’échange de smart data, a été choisie par Walmart en mai 2016 pour optimiser ses fiches produits. Derrière cette collaboration, qui marque une étape importante pour la jeune pousse basée à Paris, l’intérêt grandissant de ses clients français pour le marché américain. Explications.

Walmart e-commerce
Walmart e-commerce© DR

Nouveau succès pour Alkemics. La start-up fondée en 2011 et basée à Paris a été choisie à la fin du mois de mai 2016 comme partenaire de Walmart, géant américain de la distribution. Pour la société française, spécialisée dans l’échange de données autour des produits de grande consommation, c’est évidemment un grand pas. Alkemics, qui compte parmi ses clients des distributeurs comme Auchan Drive et Casino, et des industriels tels que Unilever, Mars ou encore le Groupe La Martiniquaise-Bardinet, peut ainsi se prévaloir d’être la première solution européenne à partager des données avec le numéro un mondial de la distribution. "Avec Walmart, nous partageons la même vision : la donnée produit est un sujet-clé", indique Antoine Durieux, CEO d’Alkemics. Principe de la solution : une plateforme qui relie les distributeurs et les fournisseurs et articulée autour des fiches-produits. "Plus l’information est précise et de qualité, plus le client est en confiance", poursuit le dirigeant. La fiche produit occupe un rôle de plus en plus important dans la relation au consommateur et dans le parcours d'achat quel que soit le canal. Pour Antoine Durieux, "dans le digital en général, l'absence de contact avec le produit crée un vide informatif et expérientiel dans la relation au produit. La fiche est là pour renseigner, rassurer et aider le consommateur à faire un choix informé". Pour les marques comme pour les distributeurs, l’objectif est aussi d’accroître les ventes grâce à une meilleure mise en avant des atouts de leurs produits auprès des consommateurs.

Séduire le consommateur américain

Pour les fournisseurs déjà clients d’Alkemics en France, l’occasion est belle. Alors que 20% seulement des entreprises agroalimentaires françaises exportent (contre 80% en Allemagne)*, certains industriels, petits ou gros, pourraient bénéficier de ce partenariat pour mettre en avant leur produit sur le site e-commerce de Walmart. Ces industriels ne sont par ailleurs pas tout à fait étrangers à cette collaboration, qui était en discussion depuis le début de l’année. "Certaines marques françaises ont compris qu’elles pouvaient bénéficier de la plateforme Alkemics pour se développer sur le marché américain et nous ont poussés en ce sens", précise Antoine Durieux. Entre 2014 et 2015, les exportations d’épicerie ont progressé de 23%*. 7e client agroalimentaire de la France selon l'Ania, les Etats-Unis font rêver bon nombre de fournisseurs qui identifie un fort levier de croissance sur ce marché.

Pour garantir un référencement optimal des références, la plateforme se décline en anglais et comporte pour chaque produit des attributs différents correspondant aux spécificités du marché américain. Langue, système de référencement, catégories de produits, prochainement normes juridiques et même packaging différent, rien ne doit être laissé au hasard si l’on veut s’adresser au consommateur américain. "On trouve des formats familiaux de quinze ou vingt produits, donc il faut qu’un industriel français adapte son packaging s’il veut séduire le consommateur américain", note Antoine Durieux. La plateforme est conçue pour être multilingue et peut-être utilisée partout dans le monde. Concrètement, Alkemics va intervenir sur les références déjà présentes chez Walmart. La start-up va se concentrer sur les acteurs français et européens commercialisant des produits aux Etats-Unis. L'interaction se fera alors soit par les équipes du siège, soit par leurs équipes locales américaines. "L'idée est de faciliter cette collaboration internationale en permettant aux marques de mieux maîtriser la présentation de leurs produits en collaborant autour d'une plateforme unique", précise Antoine Durieux.

Un enjeu pour les industriels… et pour Walmart

Même les acteurs déjà fortement implantés sur le marché américain se réjouissent de cet accès simplifié aux consommateurs de Walmart.com. C’est notamment le cas du Groupe Bel, déjà présent via une filiale et des usines de production outre-Atlantique. Pour Virginie Preseguer, Directrice du développement commercial du Groupe Bel, "les marques fortes doivent être présentes aux Etats-Unis sur l’ensemble des canaux, sur le digital comme sur le brick and mortar". Le groupe a déjà effectué des tests sur les références Mini Babybel et Boursin, avec comme objectif de mettre à terme tous ses produits sur la plateforme. "Le marché américain est une priorité pour le groupe, avec des marques en affinité avec les consommateurs", poursuit-elle. Pour le Groupe Bel, ce dispositif a pour avantage de centraliser l’enrichissement des fiches produit et de communiquer entre les différentes filiales à l’étranger grâce à un outil commun.

Walmart, qui s’est récemment déclarée déçue par ses résultats e-commerce, mise beaucoup sur le digital et accentue le développement de ses drives après avoir quelque peu ignoré ce système. 200 magasins proposent désormais les produits alimentaires à commander en ligne, mais le distributeur accuse un net ralentissement des ventes en ligne aux cours des derniers trimestres 2015. L’enseigne américaine multiplie par ailleurs les partenariats avec des start-up via le WalmartLabs. Le géant américain Walmart se situe encore largement derrière Amazon et Target.

*Source Business France

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