E.Leclerc reste serein sur son modèle

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Attention, « Robin des Bois est de retour ! » Et il est remonté contre le projet de loi sur la consommation présenté par Frédéric Lefebvre : « Je ne peux m'empêcher d'y voir la main des quelques revanchards de la loi Galland », assène ainsi Michel-Édouard Leclerc, président du mouvement éponyme, qui ne mâche pas ses mots dans l'interview exclusive accordée à LSA. Lactalis et Ricard en prennent aussi pour leur grade, Carrefour et la Fnac, dans une moindre mesure. Un franc-parler qui détonne dans le milieu. L'apanage du leader, sans doute, et de celui qui n'a pas d'actionnaires à choyer. Michel-Édouard Leclerc trace sa route, serein pour son groupe. Et il peut l'être, tant les vagues successives de part de marché le portent... 17,2% sur un an, selon Kantar Worldpanel, soit un gain de 0,5 point.

Sans jouer la fausse modestie - « nous allons continuer à faire la course en tête » -, le dirigeant dresse les forces de l'enseigne (les prix, la clarté du discours d'enseigne) et pointe les relais de croissance à développer. En bon « voileux » breton qu'il est, il use de la métaphore marine pour les expliciter. « Quand on est devant, on fixe son cap non en fonction des concurrents, mais en fonction de la météo, ici du marché. » Et le marché, en l'occurrence, le pousse à de nouvelles explorations. L'alimentaire décline, c'est inexorable et mécanique, pesant déjà moins de 14% des dépenses des ménages, contre plus de 16% il y a moins de dix ans encore ? Qu'à cela ne tienne, Leclerc cherche à anticiper « le coup d'après » : le drive, bien sûr - dont il escompte 400 unités d'ici à 2015, sans toutefois se montrer forcément très convaincant quant à la rentabilité du modèle -, et, surtout, le non-alimentaire. L'équipement de la maison, les arts de la table et le textile ont sa préférence, de même que l'énergie, la santé-beauté, le bricolage-jardinage, la location de voitures, la téléphonie et le multimédia...

Le seul domaine où il admet avoir accusé un peu de retard, c'est l'international. Une voie désormais prise à bras-le-corps : sept hypers rachetés en Espagne, et des positions fortes en Italie et en Pologne. La barre des 100 magasins à l'étranger vient d'être franchie, avec l'ambition que, d'ici à dix ans, un tiers des adhérents en soient issus. En clair, qu'on se le dise, Leclerc n'est pas près de jeter l'ancre.

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Article extrait
du magazine N° 2188

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