E-réservation : SoCloz, un pont entre commerce traditionnel et e-commerce

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Réserver son produit via Internet avant de l’acheter en magasin. C’est le principe de la plate-forme SoCloz, qui séduit de plus en plus d’enseignes comme La Halle ou la Fnac. Retour sur une idée vieille comme le monde qui remet le magasin au cœur de l’achat.

La plate-forme SoCloz permet de réserver un article, sans obligation d’achat.
La plate-forme SoCloz permet de réserver un article, sans obligation d’achat.© SoCloz

Réserver une table au restaurant, c’est possible. Pourquoi pas un vêtement, un jouet ou un meuble ? C’est de cette question qu’est née l’idée de la plate-forme SoCloz. Elle offre la possibilité de réserver son produit sur Internet, et d’aller le chercher en magasin sans obligation d’achat. Un principe simple et vieux comme le monde qui n’a vu le jour qu’en 2010, année de création de l'entreprise. Jérémie Herscovic, son fondateur, explique : "Nous avons industrialisé et officialisé le principe de la réservation, pourtant largement répandue dans les usages, mais demeurant confidentielle." Parce que, même à l'heure du tout-numérique, "les internautes ont encore le besoin de toucher, de voir un produit avant d’être assuré de faire le bon choix."

Intermédiaire entre l’intention et l’acte d’achat

À qui s’adresse SoCloz ? À ceux qui n’ont pas envie d’acheter sur Internet car ils n’adhèrent pas à cette pratique, par manque de confiance lors du paiement ou par défiance vis-à-vis de la livraison. Et à ceux qui n’aiment pas se déplacer pour rien, ou qui souhaitent avoir un produit rapidement. C’est ce qui le distingue à fois de l’e-commerce, mais aussi du click & collect, qui, tous deux, impliquent l’achat en amont. "SoCloz est un système de paiement sans paiement, résume son fondateur. Nous sommes l’intermédiaire entre l’intention d’achat, matérialisée par la réservation, et l’acte d’achat." L’e-réservation ouvre une troisième voie entre commerce électronique et commerce traditionnel, puisque le client se rend en magasin pour finaliser son achat si le produit lui convient. La plate-forme permet de trouver le lieu où l’article est en stock grâce à un système de tracking. 

Ce dispositif implique une participation du vendeur, car ce sont ses conseils et son expertise qui, en cas de doute, vont permettre la finalisation de l’achat en magasin. "Le vendeur a une véritable valeur ajoutée et son adhésion est nécessaire pour que cela fonctionne", préconise Jérémie Herscovic. Sans compter l’importance de la première l’expérience client, qui déterminera à la fois la réutilisation de l’e-réservation et la prochaine visite en magasin en cas de satisfaction. 

40% des clients ont acheté un article supplémentaire en magasin

La Halle, la Fnac, La Grande Récré ou encore Naf Naf font désormais partie des enseignes qui ont adopté le sevice. Soit un total de 7000 magasins. Sur leurs sites Internet respectifs, un encart indique au client qu’il peut réserver son produit, et certains proposent en magasins des comptoirs e-réservation pour attirer l’attention. Une visibilité essentielle pour faire connaître et développer le service. Mais si le jouet ou le textile offrent des perspectives intéressantes, tous les secteurs ne sont pas pertinents. L’alimentaire en fait partie, car "les consommateurs se rendent de toute façon dans leur commerce, et ils aiment comparer les prix et les produits in situ", analyse Jérémie Herscovic. Autre secteur qui ne prend pas, du moins pour le moment : l’ameublement. "De nombreuses enseignes ont lancé tardivement leur site d’e-commerce et rattrapent leur retard. L’e-réservation n’est pas leur priorité", regrette-t-il. 

Avec un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros en 2014 (multiplié par 5 par rapport à 2013) sur ce périmètre, la start-up française poursuit son développement. Elle touche une commission à la visite, dont le montant varie selon celui du panier moyen de l’enseigne, sans frais d'implantation. SoCloz a publié par ailleurs un premier baromètre de satisfaction*, destiné à devenir un indicateur pour tous les professionnels concernés. "On peut maintenant déterminer le taux de déplacements après la réservation, ou imaginer des paniers de produits pouvant intéresser le client puisqu’il s’est déplacé et qu'il peut souhaiter profiter de l'occasion pour poursuivre ses achats", explique Jérémie Herscovic. Les premiers chiffres sont très encourageants : 70% des personnes ayant réservé un article l’ont acheté (pour un prix moyen de 70 euros) et 40% d’entre eux ont acheté un article supplémentaire en magasin. Ce que permet plus difficilement le click & collect.

*Sondage Viavoice pour SoCloz, réalisé en ligne du 15 au 19 septembre 2014. Échantillon de 1004 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus. Représentativité par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession de la personne de référence au sein du foyer, région et taille d’agglomération.

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