Edeka Un magasin spécial pour les plus de 50 ans

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Le distributeur alimentaire allemand Edeka a ouvert à Chemnitz (Saxe) le premier « supermarché des générations ». Tout a été conçu pour faciliter l'accueil de la clientèle.

De l'extérieur, rien ne permet vraiment de distinguer ce supermarché Edeka de Chemnitz, en ex-RDA, des autres supermarchés du groupe allemand. Ce bâtiment tout neuf de 900 m2, construit dans une zone résidentielle, elle aussi entièrement rénovée, s'adresse à la clientèle de proximité.

Le client sera intrigué par un certain nombre de détails : la très discrète mention « supermarché des générations » figurant en petits caractères sous le logo Edeka à l'entrée du magasin, la largeur des places de parking, l'espace entre les rayons, les boutons rouges d'appel répartis un peu partout le long des murs et les cheveux blancs ou gris de la clientèle. Le nouveau Edeka de Chemnitz s'adresse à une clientèle âgée, ou plus précisément aux jeunes seniors de plus de 50 ans. Pas question pour autant de passer pour un supermarché de vieux. Des chariots destinés aux enfants attendent donc à l'entrée, à côté de deux modèles différents pour personnes âgées selon leur degré de dépendance .

« 60 % des 12 000 habitants du quartier sont des personnes âgées. De plus, le magasin se trouve aux portes d'un très important centre de rééducation pour aveugles et malvoyants », explique le chef des ventes, Detlev Voigt. La décision de la direction d'Edeka décentralisée pour la Bavière du Nord, la Saxe et la Thuringe est prise lorsqu'elle décide de reconstruire en plus grand le supermarché d'origine, bâti à cet emplacement en 1965, sur 400 m2 par le régime est-allemand.

«Acheter est un confort »

 

« Le mot d'ordre était de faire attention autant que possible aux besoins spécifiques de cette clientèle », précise Detlev Voigt. « L'idée est venue d'Autriche, poursuit Edo Günther, membre du directoire de Edeka Bavière du Nord, Saxe et Thüringe. Plusieurs magasins à l'enseigne Adeg du groupe sont déjà conçus pour les personnes âgées. Il ne faut pas oublier qu'en 2040, 36 % de la population allemande aura plus de 60 ans ! » À Chemnitz, le résultat va au-delà du strict minimum : des loupes disposées tous les 2 mètres dans les rayons permettent de lire les minuscules caractères de la composition des aliments. L'éclairage, tamisé, n'aveugle pas. Un coin repos près des boissons « est très fréquenté l'après-midi par les veilles dames du quartier », sourit une vendeuse. Comme tous ses collègues, elle a reçu une formation aux premiers secours et sait utiliser l'appareil de massage cardiaque du magasin. Les effectifs sont renforcés : 15 salariés travaillent sur place, contre 10 pour un magasin classique de cette taille.

Particulièrement chaleureux, le personnel est consulté à chaque instant par la clientèle, une pratique peu répandue en Allemagne. Les non-voyants, accompagnés dans les rayons par les vendeuses, peuvent utiliser la balance parlante, qui les informe sur le prix et la quantité pesée, ainsi que le scanner parlant disponible en caisses. L'appareil identifie le produit déposé dans le chariot et informe le client sur le poids et le nom de l'article. Enfin, le sol - non glissant - est équipé de glissières permettant de repérer l'emplacement des rayons. Plusieurs plans du magasin en braille sont exposés sur les murs.

« Acheter ici est un gain de confort », se félicite une retraitée malvoyante du quartier. « Les petits formats et les emballages individuels sont très demandés », note une caissière. Lessives, sucreries, boissons, laitages... Les petits formats sont toujours là. De même que les produits prisés par le troisième âge : les articles de santé et la ligne bio du groupe. Edeka a investi 1,5 million d'euros (dont 40 000 E pour l'équipement à destination des aveugles), dans ce projet pilote. Les résultats sont concluants. « Les ventes ont augmenté de 50 % par rapport à celles de l'ancien supermarché, pour un niveau de prix inchangé », assure Detlev Voigt. Et ce malgré la concurrence élevée dans le quartier, par deux discounters Netto et un supermarché Minimal. La valeur du ticket de caisse (12 E en moyenne) s'en ressent, mais « beaucoup de clients viennent plusieurs fois par semaine et achètent de petites quantités à la fois », précise-t-il. Deux autres Edeka « des générations » ont vu le jour (en mars et en mai) dans la région (sans les équipements pour aveugles). Pour l'instant, aucune autre ouverture n'est programmée.

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Article extrait
du magazine N° 1916

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