Edi : le web à la rescousse des PME

Parce qu'ils travaillent électroniquement avec tous leurs gros fournisseurs, les distributeurs veulent maintenant inciter les petites entreprises à supprimer les échanges en papier. La solution : des services Edi à faible coût, basés sur la technologie internet.

Le ton est donné. « Tout nouveau fournisseur désirant être référencé chez nous doit faire de l'Edi ou du Web-Edi », reconnaît-on dans une grande enseigne. Dans les faits, pas un distributeur ne se passe des Échanges de données informatiques (Edi). Les réseaux à valeur ajoutée comme Allegro, Atlas, EIS, Cegedim ou Edilectre transportent déjà 600 millions de messages par an. Avec des résultats immédiats : des livraisons en flux tendus, des litiges en moins et des gains de productivité en plus. « Les distributeurs sont très demandeurs des technologies Edi », confirme Pierre Georget, directeur de Gencod-EAN France. Seul problème : bien que 90 % des flux de marchandises soient traités en Edi dans le secteur de la distribution généraliste ou spécialisée, seulement 15 % des fournisseurs sont branchés sur leurs clients. Soit environ 5 000 entreprises.

Un système simplifié

Les perspectives les plus optimistes laissent penser que le nombre d'entreprises « Edisables » pourrait doubler d'ici à quatre ans. Il reste donc à trouver des solutions simples pour les 30 000 sociétés restantes, celles en dessous de 30 MF de CA. Des PME dont les volumes de commandes ne justifient pas l'investissement d'une station classique : une telle installation est évaluée à 50 000 F dans le meilleur des cas. Sans compter l'acquisition d'un logiciel de traduction et l'emploi d'un spécialiste informatique à plein temps.

Pour répondre à cette problématique, Gencod-EAN France a mis en place une cellule de travail dès janvier 1998. Le résultat : la création d'un Edi simplifié sur internet qui permet de recevoir et d'envoyer des documents commerciaux, sans se soucier de la structure des messages ni des technologies Edi. Gros avantage : le coût minime d'un outil qui assure les principales fonctions d'une station classique. Une limite cependant : l'utilisateur doit ressaisir manuellement l'information pour répondre à une commande. Une contrainte toutefois acceptable compte tenu des volumes limités d'une PME. « Le service Edi sur internet que nous proposons avec Allegro-Efi (échanges de formulaires informatisés) n'est pas un service " moins " », assure André Vital, directeur de Seres SA.

Du côté des enseignes, aucun investissement n'est à prévoir. La principale difficulté reste de convaincre les très petites entreprises d'abandonner le courrier et le fax pour faire leurs échanges commerciaux sur le net. Pas toujours facile lorsque le passage à l'an 2000 accapare le temps de beaucoup de responsables.

Casino a pourtant réussi ce challenge. « 95 % des commandes entrepôts passent par Edi et nous travaillons avec 80 fournisseurs en Web-Edi, se réjouit Yves David, directeur de la coordination chez Casino. Notre objectif : atteindre 300 partenaires Web-Edi d'ici à la fin de l'année. » Pour débuter, l'enseigne s'est limitée à l'échange de commandes via le web. La mise en place de l'avis d'expédition électronique a rapidement suivi. Désormais, lorsque l'avis d'expédition du fournisseur parvient à la station Edi de l'enseigne, le fichier est intégré sur les outils logistiques et les entrepôts sont prévenus en temps réel de la livraison du fournisseur, selon les quantités demandées. « Le Web-Edi, précise Yves David, évite toute source de litige dans la mesure où le fournisseur récupère en clair sur son serveur un formulaire contenant les données de commandes de l'enseigne avec l'indication des codes articles EAN, ventilées par entrepôt. »

Des avantages certains

Partenaire dès la première heure de Casino, Gérard Vial, PDG de la société Euraxia, spécialisée en charcuterie sèche à marque d'enseigne, confirme. « Outre les gains de temps et d'argent, le Web-Edi a un autre intérêt : les commandes de Casino récupérées en clair sur notre serveur Allegro Efi, immédiatement retransmises au service de préparation, améliorent notre réactivité. » Les deux chantiers à venir de l'enseigne stéphanoise : la mise en oeuvre des factures dématérialisées et le développement de la fiche produit. Reste à savoir si cette solution permettant aux distributeurs de se constituer une base de données multifournisseurs intéressera toutes les entreprises. Notamment les petites PME utilisatrices de Web-Edi, dont les gammes sont très courtes, avec un taux de renouvellement limité.

En attendant, un début de réponse, industriels et distributeurs s'affichent sur le web. Pierre Georget n'hésite donc pas à prédire qu'à l'horizon 2003, 3 millions d'entreprises se serviront du Web-Edi.
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Article extrait
du magazine N° 1642

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