Marchés

[Édito] Bon appétit!

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Yves Puget

Pour cette année 2020, je vous souhaite bien évidemment une bonne santé mais également une bonne transition alimentaire. Pour vous, vos proches, mais aussi vos ventes. N’oublions pas que le panéliste Iri estime ce marché à 7 milliards d’euros et qu’il est à lui seul responsable des trois quarts de la croissance du chiffre d’affaires de l’alimentaire.

Voilà pourquoi je souhaite :

Que le bio poursuive sa croissance en trouvant un bon équilibre entre les enseignes spécialisées et les généralistes. Que la guerre des prix ne gagne pas ce secteur et que les importations soient limitées autant que possible aux produits que la France ne peut produire.

Que de nombreuses recettes soient retravaillées pour en limiter les ingrédients et additifs. Mais point de chasse aux sorcières tant certains d’entre eux ont aussi leur rôle et leur utilité.

Que des niches comme le végétarisme, le végétalisme ou le locavorisme poursuivent leur croissance sans pour autant devenir des dogmes. Bannissons les coups de force et autres manifestations, dégradations et même agressions.

Que les saisons soient respectées dans les rayons et nos assiettes.

Que la transition ne touche pas uniquement les frigos, mais aussi les placards, les salles de bains…

Que les allégations et labels soient bien expliqués pour éviter toute confusion, involontaire ou non…

Que le travail, nécessaire pour ne pas dire obligatoire, réalisé par les industriels, petits et grands, en faveur de cette transition alimentaire n’oblitère pas les développements sur d’autres sujets comme le plaisir, la gourmandise, le snacking. N’oublions pas que c’est l’innovation qui dope les marchés…

Que l’agribashing cesse, tant il faut défendre nos agriculteurs et leur assurer un revenu décent.

Que la transparence dans la composition des produits et dans la provenance de ces mêmes produits s’impose à tous. Mais que, dans le même temps, nous ne tombions pas dans une surenchère d’informations parfois contradictoires.

Que les emballages ne portent pas tout le fardeau de l’étiquetage nutritionnel. Internet doit aussi jouer son rôle.

Que le « Fabriqué en France » ne soit pas dénigré par quelques délateurs sur les réseaux sociaux. Car même si toutes les matières premières ne sont pas forcément françaises, ces produits respectent notre réglementation. On parle ici d’emplois et de savoir-faire.

Que la politique du bouc émissaire cesse. Il est en effet trop facile de dire que tous les maux viennent des autres. Que les agriculteurs comprennent qu’ils doivent se remettre sérieusement en cause. Que les industriels assument leur rôle sur la composition des produits. Que les distributeurs endossent leur responsabilité de mise sur le marché. Et que les consommateurs soient responsables de ce qu’ils achètent.

Que l’on cesse d’opposer la fin du mois (le pouvoir d’achat) à la fin du monde (la protection de l’environnement). Ces deux notions n’étant pas incompatibles et si gaspiller est dommageable, consommer n’est pas irresponsable.

Que le gouvernement lance enfin un plan de nutrition dans les écoles. Car tout part de là…

Que le repas gastronomique à la française, qui fait partie du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité, selon l’Unesco, retrouve ses lettres de noblesse. Et, finalement, que l’alimentation reste un plaisir. Bon appétit et bonne année ! 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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