[Edito- Coronavirus] Pas maintenant...

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Yves Puget

Un éditorial, c’est un « angle », une idée. Il faut se lancer et tenir sa pensée ou son opinion. Et pour ne pas lasser son lecteur, il convient toutes les semaines de changer de thématique. Bien sûr, en pleine pandémie de Covid-19, toute l’actualité des professionnels de la consommation tourne autour de cette crise inédite. De quoi trouver de nombreux angles…

  • Je pourrais évoquer ces politiques qui veulent taxer l’e-commerce ou les grandes surfaces non alimentaires pour défendre le petit commerce. Pour eux, un problème ne se règle qu’avec une taxe ! Un vrai concours Lépine.
  • Je pourrais évoquer la CGT qui a déposé un préavis de grève dans les services publics pour avril. Un curieux sens des responsabilités…
  • Je pourrais évoquer ces politiques et anciens humoristes qui se révoltent non pas contre la maladie mais contre le gouvernement. Comme si c’était le moment…
  • Je pourrais parler de la Chine, si fière d’envoyer aux Européens du matériel et des médecins, mais qui a oublié de nous prévenir de l’ampleur de sa pandémie en nous cachant nombre de décès. Vieux réflexe d’une dictature ­communiste.
  • Je pourrais m’étonner de l’absence d’une stratégie européenne. Et m’en inquiéter pour l’avenir...
  • Je pourrais évoquer ces Français qui sont toujours dans l’incapacité de respecter le confinement. Ceux qui font des barbecues à l’extérieur au péril de la vie… des autres.
  • Je pourrais me plaindre de clients dans les magasins ou les drives qui ne respectent pas les consignes d’éloignement et oublient toute notion de politesse avec ces personnes qui travaillent quotidiennement pour les servir.
  • Je pourrais sortir de mes gonds contre ces inhumains qui ont demandé à des infirmières de ne plus habiter leur appartement car elles représentaient « un risque » pour l’immeuble.
  • Je pourrais évoquer ces experts, ces apôtres de l’agribashing, de l’industrie-bashing ou du distribashing que l’on n’entend plus guère. Je m’abstiendrai de dire qu’ils se sont peut-être confinés sur l’île de Ré. Et qu’ils ont été remplacés par des pseudo-virologues, jamais passés par une fac de médecine…
  • Je pourrais parler du débat sur l’évolution du droit du travail pour endiguer la pandémie. De ceux qui vont tout faire pour aider face à ceux qui se battent pour leurs avantages acquis.
  • Je pourrais commencer à parler de la sortie de crise. En affirmant qu’il y aura un avant et un après. Sans indiquer que cette crise va surtout amplifier les tendances qui émergeaient déjà (l’e-commerce, l’omnicanal, le télétravail, la proximité, le circuit court, l’occasion…).

Mais tout cela, je ne le ferai pas. Trop tôt. Pas maintenant. Je vais faire ce que ne doit pas faire un éditorialiste : se répéter. Voilà pourquoi, plutôt que de m’éterniser sur ces thématiques sérieuses ou futiles, je préfère saluer ces Français qui soutiennent et applaudissent ceux qui travaillent dans les hôpitaux ou les magasins. Cette union nationale fait un bien fou. Et surtout, je préfère, comme la semaine dernière, remercier toutes ces personnes qui, dans les champs, les fermes, les usines, les camions, les entrepôts et les magasins travaillent pour nous nourrir et nous approvisionner. Un très grand bravo !  ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2598

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