[Edito de la semaine] Joyeux Noël

|

S’il faut encore attendre quelques semaines avant d’arriver aux agapes de fin d’année, les professionnels de la consommation ont ­abandonné Halloween et ses déguisements pour se projeter dans les fêtes de fin d’an­née. Et si ce n’est peut-être pas maintenant que Noël « se gagne », il peut « se perdre » lors de ces fameux jours de préparation. Bien sûr, les commandes sont lancées, les entrepôts sont pleins, les catalogues publiés, les vitrines ne vont pas tarder à se dévoiler, et les rayons prendre des couleurs festives. Une certaine frénésie gagne les équipes.

Dans le commerce traditionnel comme chez les e-commerçants, on vérifie la logistique, on ajuste le marketing, on peaufine ses publicités et on recalcule ses prix. On pense aux éventuelles commandes de dernière minute, à la ­gestion des ruptures, aux nombreux retours de produits défectueux. On ne sous-estime pas certains événements intermédiaires comme le Black Friday (25 novembre), le Cyber Monday (28 novembre), mais aussi Thanksgiving (24 novembre) ou la Saint Nicolas (19 décembre). Du côté du Net, on optimise le référencement, on prépare des campa­gnes SMS, on déploie une stratégie sur les réseaux sociaux, on fait de l’e-réservation… Tout le monde est sur le pont avec pour credo : « anticiper… et prévoir le pire ». D’autant plus, que cette année, les 24 et 31 décembre tombent un samedi. Attention, bousculades garanties et surchauffe des cartes bancaires en vue. Samedi 5 décembre 2015, 42 millions d’opérations avaient été comptabilisées en France. Un record à battre ! Pour faire tourner les boutiques et assurer cette frénésie, les recrutements se multiplient. Pas moins de 6 500 emplois temporaires chez Amazon.

Bien évidemment, tous ces acteurs espèrent qu’aucun élément extérieur ne viendra perturber cette fin d’année. Comme les grèves de 1995, la tempête de 1999, les précipitations neigeuses de 2011 ou le drame des attentats de novembre 2015. Ensuite, ils se rassurent en se disant que, cette année, les Français vont se « lâcher » pour combattre la grisaille ambiante. Un besoin d’être ensemble, de décompresser et de gâter ses enfants pour ­retrouver des sourires qui s’estompent trop souvent. On espère tous un joyeux Noël 2016 tant décembre clôture une année morose et précède une année d’élection présidentielle dont il est coutume de dire qu’elle n’est pas propice à la consommation.

En attendant le verdict, non pas des urnes, mais du tiroir-caisse, il ne faut pas perdre de vue que des marchés entiers dépendent de ce mois « couperet », avec 50 et 60 % du chiffre d’affaires du jouet, mais aussi un indice de ventes de 164 pour les fruits secs, de 274 pour le champagne ou de 278 pour le saumon fumé. Sans omettre le foie gras frais, à 742. Et comme tous les ans, des e-commerçants se précipiteront pour clamer à la presse, donc à leurs clients, qu’ils ont battu des records de fréquentation ou de livraisons. L’année dernière, sur les seuls mois de novembre et décembre, l’e-commerce avait enregistré 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et des sites réalisé un quart de leurs ventes annuelles. Le seul lundi 14 décembre, Amazon France avait expédié 1,4 million de produits ! Voilà pourquoi, alors que tous les distributeurs, mais aussi leurs fournisseurs, sont dans les starting-blocks, nous sommes probablement les premiers à vous souhaiter… un joyeux Noël.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2434

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous