[Edito de la semaine] Tendances

|
Yves Puget

Il est coutume de dire qu’un palmarès de l’innovation reflète les tendances du moment. Cette édition 2016 des Trophées LSA ne déroge pas à la règle. Pour ceux qui ont passé l’année à l’étranger ou n’ont pas réussi à sortir la tête dans leur bureau, ce numéro de LSA résume parfaitement les petits et grands mouvements du commerce et de la consommation.

Pour commencer, il faut retenir l’essor du bio avec plusieurs prix. En mettant à l’honneur les présidents de Biocoop et de Léa Nature, les 40 membres du jury ont incontestablement voulu récompenser des entrepreneurs mais aussi saluer un marché en pleine expansion. Cette année, l’e-commerce est aussi mis en valeur avec Frédéric Duval, le directeur général d’Amazon. Mais il y a aussi Alexandre Bompard. Qui résume à lui seul le développement du cross-canal et l’inévitable concentration des enseignes du non-alimentaire.

En regardant attentivement cette édition 2016, on s’aperçoit également que le snacking est prime ainsi que des produits connectés. Haro sur les gadgets et place à la praticité. Dans les concepts et le marketing, moins de strass et de paillettes et plus de sobriété et d’efficacité. Et si les produits sains et « sans » sont valorisés, la gourmandise est toujours là. La rédaction de LSA a également tenu à soutenir la filière du foie gras, qui traverse une passe difficile à la suite de l’épidémie de grippe aviaire, et saluer ce qui fut incontestablement le phénomène de l’été, Pokémon Go, avec cette chasse effrénée au pocket monsters.

Enfin, que dire du prix remis à Emmanuel Faber, le directeur général du Groupe Danone ? Ses actions ont été saluées, notamment le rachat de WhiteWave aux États-Unis. Mais le jury a aussi primé l’homme et son discours humaniste à HEC, où il réclama en juin dernier plus de « justice sociale ». Ses propos ont fait du buzz sur internet et soulevé de l’espoir. Celui de l’arrivée aux manettes des entreprises non d’une nouvelle génération de dirigeants – car ce n’est pas une question d’âges – mais de nouvelles valeurs. J’ose espérer que cette notion prend de plus en plus de sens. Qu’elle ne se résume pas aux aspects financiers mais s’étend aux questions humaines et managériales. Que, ­demain, les entreprises qui l’emporteront seront celles qui prendront de tels engagements auprès de leurs salariés, mais aussi de leurs clients et plus globalement de la société.

Et ici, plus que le palmarès 2016 des Trophées LSA de l’innovation, j’évoque probablement mes vœux pour 2017.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2439-2440

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous