[Edito de la semaine] Top 100

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Yves Puget

Comme tous les ans, LSA publie son classement exclusif, le Top 100 des enseignes de la distribution en France. Voici dix constats à retenir de cette édition 2016.

1. Après trois années d’un net ralentissement de la croissance, les ventes du top 100, dont les enseignes totalisent la bagatelle de 291 milliards d’euros de chiffre d’affaires, reprennent des couleurs (+ 0,75%). Ce qui n’est pas si mal avec une inflation proche de zéro, mais encore bien loin de l’enviable + 3,9% constaté en 2011. À quand une vraie reprise ?

2. Le groupe Carrefour est le ­premier distributeur français. Avec l’intégration de Dia, il accroît même son avance. Il devance E. Leclerc de 3,4 Mrds€. Soit le chiffre d’affaires… des Galeries Lafayette en France.

3. Première enseigne française avec 42,7 Mrds€ de CA, E. Leclerc creuse l’écart. Le groupe d’indépendants affiche 1,1% de croissance, alors que les cinq enseignes suivantes reculent. Avec 14,1 Mrds€ d’avance, la chaîne n’est pas près d’être détrônée. Sauf si un impétrant se paie de luxe de racheter Auchan ou Carrefour Market (15 Mrds€ chacun) !

4. Si les neuf enseignes d’origine étrangère affichent 5,7% de croissance moyenne, les 91 chaînes françaises se contentent d’un petit + 0,3%. Un simple effet Lidl et Amazon, ou une raison d’inquiétude ?

5. En 2015, les Français ne se sont visiblement pas précipités dans les grandes surfaces alimentaires (+ 0,01%) ou dans les grands magasins (- 0,1%). À l’inverse, ils ont privilégié la pharmacie (+ 4,8%), l’équipement de la maison (+ 4%) et le secteur culture-jouet-multimédia (+ 4%). On peut parler d’une tendance de fond puisque ce constat perdure depuis quelques années.

6. Sans surprise, l’e-commerce, façon pure players, affiche une confortable hausse, avec une jolie progression de 9,1%. Mais cette avance patine : elle était de 11% l’année précédente. Il apparaît déjà loin l’enviable 15,1% de 2011. De là à penser que les enseignes classiques, avec leur propre digitalisation, ont accaparé une partie de cette manne…

7. Contrairement à certaines idées reçues, la croissance ne provient pas que de l’e-commerce. Au-delà des ShowroomPrivé affichant un glorieux + 28% ou Amazon un excellent + 14%, il est réjoussant de voir bondir Pharmacies Lafayette de 21%, Biocoop de 16% ou Maisons du Monde de 12%. Récompensant un positionnement fort, de la diffé­renciation, de la valorisation et de la digitalisation.

8. L’écart est important. Alors que les groupes intégrés et les groupements affichent un petit + 0,3% de croissance, la franchise gagne 4,3% ! Une tendance similaire aux années précédentes.

9. Pour ceux qui croient que les choses sont acquises définitivement, qu’ils méditent les - 5% de la Halle aux Chaussures, les - 6% de Toys ‘ R ’ Us, les - 9% de La Redoute ou les - 12% de Babou.

10. En 2015, Lidl a récolté 893 M€ de plus et E. Leclerc 500 M€. Dit plus crûment, l’ancien hard-discounter a grappillé l’équivalent du chiffre d’affaires de Gemo, alors que Leclerc a croqué celui de Damart. À l’inverse, en perdant 521 M€, Auchan a égaré l’équivalent des ventes d’Alinéa… une autre enseigne de la Galaxie Mulliez.

En conclusion, ce Top 100 à l’activité globale relativement stable cache en réalité de nombreuses disparités. Avec, à n’en pas douter, des enseignes aux stratégies bien différentes… et aux résultats cruellement opposés.

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Article extrait
du magazine N° 2424

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