[Edito] Demandez le programme !

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yves puget

L’élection présidentielle approche et toutes les fédérations professionnelles fourbissent leurs armes. Elles publient leur livre blanc, démontrent l’importance de leur branche économique et formulent des propositions. Il est vrai qu’elles peuvent s’interroger tant il n’a échappé à personne que les sujets autour de la consommation (distribution, alimentation, agroalimentaire, pouvoir d’achat…) ont été les grands absents des primaires de droite comme de gauche. Qui connaît les idées qui cheminent et les programmes qui s’annoncent ? Au-delà d’une campagne électorale qui patauge dans les affaires, il est grand temps que les hommes et femmes qui veulent nous gouverner s’intéressent aux vraies affaires. Celles des entreprises, celles qui génèrent de l’emploi, qui distribuent des salaires pour les Français et qui impliquent des revenus pour l’État.

Il faut que tous les partis, de droite comme de gauche, prennent enfin conscience des réalités économiques. Qu’ils descendent de leur piédestal et de leurs estrades pour se confronter à la vie de tous les jours. Savent-ils que le commerce représente une entreprise sur cinq et 10,2% de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie ? Avec pas moins de 3,5 millions d’emplois et 20% de la masse salariale de l’économie française. Ont-ils conscience qu’entre 2007 et 2014 les marges de l’industrie alimentaire ont perdu 4 points ? Que la hausse de la fiscalité dans l’alimentaire se monte à 1,2 milliard d’euros depuis 2011 ?

Il faut que tous les partis, de droite comme de gauche, affichent un programme clair, simple et applicable pour les entreprises. Pas de fausses promesses, de vieilles utopies ou autres projets plus ou moins populistes. Pas davantage de lois mais de meilleures lois, applicables et appliquées. Avec des textes qui soulagent les entrepreneurs (moins d’interventionnisme, allégement des charges sur le travail…) et non qui alourdissent leur emploi du temps et changent tous les six mois. Avec des lois qui prônent l’égalité fiscale entre les acteurs, qu’il s’agisse d’entreprises historiques ou de nouveaux entrants. Avec une législation qui prend en compte l’évolution de la société. L’État doit comprendre qu’il lui revient de soutenir les entreprises et non de s’en servir comme d’un puits sans fond à l’aide d’un matraquage fiscal sans limites.

Il faut que tous les partis, de droite comme de gauche, ne renforcent pas le pessimisme ambiant. Certes, des économies sont indispensables sur le train de vie de l’État. Mais cela ne suffira pas. Il faut un souf­fle, une espérance. Arrêtez de crier que la croissance est dernière nous, que seule la décon­sommation nous attend. Cessez d’agir avec les habitudes et les pratiques d’hier et regardez devant vous. Tout n’est pas forcément binaire, voire simpliste. Le respect de notre planète ne suppose pas une baisse de la consommation. La robotisation n’implique pas l’explosion du chômage. La mondialisation ne signifie pas la fin de la production locale. Les questions de santé ou de lutte contre l’obésité n’entraînent pas la fin de la gourmandise ou de la gastronomie. La défense du commerce de centre-ville ne passe pas par le blocage de celui de périphé­rie. Il est grand temps de préparer l’admi­nistration, les entreprises, mais aussi les Français, aux enjeux de demain. Contrairement à certaines idées trop répandues, produire, consommer et vivre autrement ne signifie pas faire marche arrière. Il faut simplement comprendre qu’il est urgent de prendre de nouveaux engagements.

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Article extrait
du magazine N° 2447

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