[Édito] Dix ans déjà...

yves puget

Comme tous ans, LSA publie en exclusivité le classement des chiffres d’affaires du Top 100 des enseignes en France. Si, sur un an, les mouvements sont déjà importants (lire p. 8 à 19), qu’en est-il des évolutions sur une décennie ? Première observation de cette litanie de chiffres, les ventes globales de ce Top 100 continuent de croître puisque le total est monté de 259 à 319 milliards d’euros. Quant à la croissance, si elle est moindre, elle est passée d’un très envieux + 4,1 % à un satisfaisant + 2,7 %. Du côté du classement, E. Leclerc caracole toujours en tête avec plus de 1 milliard d’euros gagné chaque année (de 32 à 46 milliards). Leroy Merlin reste le numéro un du non-alimentaire en passant de la 10e à la 8e place, et de 4,5 à 6,8 milliards.

À noter aussi que si, en 2009, le hard-discount affichait les plus belles hausses avec + 8 % pour Netto, + 11,7 % pour Aldi et + 21 % pour Lidl, il n’en est pas de même cette année, puisque les « performeurs » viennent de multiples secteurs avec l’e-commerce (+ 12 % pour Veepee), le bio (+ 9,8 % pour Biocoop), les déstockeurs (+ 12,9 % pour Stokomani) ou les discounters (+ 19 % pour Action, + 12,8 % pour Primark). Sans oublier ces enseignes de pharmacies (+ 24,3 % pour Lafayette, + 13,8 % pour Pharmabest), qui doivent attiser bien des convoitises. Et que dire d’Amazon, qui s’affirme en solide leader avec 6,6 milliards d’euros (9e place), alors qu’il ne figurait même pas dans le Top 100 en 2009, époque où le commerce en ligne était dominé par La Redoute (1,4 milliard à la 32e place, contre 780 millions aujourd’hui à la 63e) ? Les temps changent…

À l’inverse, des enseignes s’enlisent, comme Conforama, à - 3,6 % en 2009 et à - 8,2 % aujour­d’hui. Car les dégringolades ont été nombreuses. Avec des secteurs très touchés, tel le jouet, qui ne compte plus qu’un acteur dans ce Top 100 (JouéClub à la 81e place avec 635 millions). Toys “R” Us et King Jouet n’y entrent plus. On peut aussi évoquer La Halle, passée de la 46e place (877 millions) à la 93e (518 millions). Et, bien sûr, il y a des « chers disparus », comme ED (19e en 2009 avec 3,1 milliards), Saturn (59e avec 678 millions), Virgin Megastore (88e avec 401 millions) ou The Phone House (98e avec 333 millions). L’e-commerce n’est pas exclu de cette liste : Pixmania, 95e en 2009 avec 361 millions, n’est plus là. Autant d’enseignes qui ont ­baissé le ­rideau, rappelant la fragilité des marques. Il y a aussi des disparitions voulues et non subies : Champion (47e place en 2009) est devenu ­Carrefour ­Market.

Mais, a contrario, il faut parler des entrants, comme Primark (599 millions et 87e place cette année) ou Action (1,2 milliard et 48e  place), et des apparitions remarquables telles que Noz (92e place et 545 millions) et Grand Frais (33e place avec 2 milliards). Preuve que, de temps en temps, il convient de lever le nez du guidon, de ne pas être obsédé par les ventes quotidiennes et les parts de marché mensuelles. En regardant le passé, on comprend que l’avenir n’est pas garanti. On saisit qu’il existe une forme de logique, avec des secteurs défaillants et d’autres porteurs, et des enseignes dans un déclin inquiétant et d’autres dans une dynamique salutaire. Cette évolution sur dix ans invite donc à la modestie…

ypuget@lsa.fr @pugetyves

 

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Article extrait
du magazine N° 2573

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