[Édito] Éloge de l'action

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Pour cette rentrée commerciale, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : agir. Face à une consommation atone et une concurrence rude, l’initiative et l’imagination doivent supplanter l’immobilisme parce que notre environnement l’exige, que les consommateurs réclament autre chose et que les modèles économiques sont mis à mal. Pourtant, des entreprises relèguent aux oubliettes la notion de prise de risque et délaissent la culture de l’innovation aux Gafa et aux start-up. Elles se recroquevillent sur elles-mêmes et se contentent d’optimiser ce qu’elles font depuis des lustres. Elles en oublient les ­vertus du test and learn et s’éloignent de l’obsession client. Or, si toute entreprise se bâtit sur ses succès, elle apprend aussi de ses échecs.

Voilà pourquoi il est urgent de changer ses habitudes (l’ouverture le dimanche après-midi au Géant d’Angers), de tester de nouvelles enseignes (Carrefour avec Supeco à Valenciennes) ou de nouer des partenariats inédits (Intermarché avec Microsoft ou Carrefour avec Glovo). Les industriels aussi doivent s’interroger sur leurs portefeuilles de marques (Coca-Cola avec Fuze Tea, etc.), débusquer quelques belles acquisitions (Pernod Ricard avec Rabbit Hole et Fire­stone & Robertson) et, bien évidemment, travailler leurs recettes (Herta dans le végétal), leurs packa­gings (Evian, Pepsi, etc. avec Loop) et leurs filières d’approvisionnement (Danone pour le bio). Même dans cette période où trouver le financement n’est guère aisé, il est urgent de multiplier les plus ou moins petits projets et de ne plus croire au seul « plan quinquennal » qui coûte cher et dicte sa loi.

Mais attention : cette exigence n’incombe pas aux seuls dirigeants. Les équipes, et donc les syndicats, doivent également accepter que le monde change. Qu’il ne sert à rien de s’arc-bouter sur « tous » les acquis du passé, que tous les métiers ne sont pas éternels, et que la digitalisation et la robotisation doivent être considérées comme des alliées et non comme des ennemies. Dit autrement : il est grand temps de préparer l’avenir managérial et social (formation, compétence, qualification, employabilité, parcours…). Car, dans le cas contraire, ce ne sont pas des suppressions de postes qui seront à l’ordre du jour, mais des fermetures de magasins et même des disparitions d’enseignes et de marques.

Quant au consommateur, soit chacun d’entre nous, il doit lui aussi agir. Il existe encore un trop grand décalage entre les déclarations et les pratiques. Certes, le bio progresse, le vrac se porte bien, le « sain » est en vogue et les produits régionaux sont à la mode. Mais les enseignes qui réussissent le mieux sont toujours celles qui affichent les prix les plus bas ! Et l’arrivée du danois Normal ne devrait pas inverser cette tendance… Demain, le consommateur devra encore plus assumer ses choix.

Voilà pourquoi l’action est une cause commune. N’écoutons pas ces déclinistes qui ne cessent de clamer que « c’était mieux avant ». Agissons, par nos comportements, mais aussi avec de l’investissement, de la recherche et du développement, pour que « ce soit mieux demain ». Parce que la connaissance et le savoir seront toujours plus forts que l’obscurantisme ou le catastrophisme et que l’action sera toujours plus puissante que la lamentation et la résignation.

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2568

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