[Édito] Gilet rose

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Yves Puget

Pour une fois, enfilez votre gilet rose ! Celui qui permet d’avoir une perception positive du monde. Gardez vos distances face aux bad et aux fake news. Bannissez de votre vocabulaire « pas le temps », « pas ma faute » ou « pas les moyens ». Cessez de vous lamenter devant de bien tristes indicateurs et arrêtez de vous focaliser sur ces comportements souvent énervants et parfois scandaleux. Faites l’effort de regarder et partager les bonnes nouvelles. Car je vous assure qu’elles existent et qu’il n’y a pas que les ventes d’automobiles, d’avions ou d’œuvres d’art qui se portent bien. Pour les produits de grande consommation, par exemple, l’année 2018 affiche une légère mais étonnante croissance en valeur de 1,5 %. Qui osera se plaindre de la réussite du travail de valorisation de l’offre (produits régionaux, bio, végans…) ? Et qui se hasardera à critiquer cette ribambelle de start-up françaises qui se sont déplacées au CES de Las Vegas ? Même espoir du côté de New York lors du Retail’s Big Show de la NRF, où les délégations françaises ont pu constater que le commerce physique n’a pas dit son dernier mot.

Plus satisfaisant encore, les États-Unis ne sont pas les seuls à vouloir relever les défis qui nous attendent. En France, lorsque E. Leclerc et Carrefour multiplient les drives piéton, ils ­démontrent qu’eux aussi peuvent se mettre au digital et casser quelques dogmes. Idem pour Monoprix, qui annonce la fin des prospectus. Pour les marques aussi, des signaux encourageants existent. La dernière convention de Coca-Cola, qui s’est tenue le 10 janvier à Strasbourg, a ainsi prouvé que, pour les multinationales, ces grandes boîtes qui, dit-on, sont promises à la décroissance, la « messe n’est pas dite ». Multiplication des lancements, vastes plans d’animation, de promotion et de communication… Sans oublier d’importantes ambi­tions du côté du développement durable. Même chose pour les États généraux de l’alimentation et la loi Egalim, qu’il est de bon ton de conspuer. Certes, la nouvelle réglementation est compliquée, avec des promesses de résultats pour le moins aléatoires, et une DGCCRF qui, pour l’instant, ne semble pas condamner les écarts constatés sur les prospectus. Mais sans ces mois de débats, des distributeurs auraient-ils pris ces engagements sur le prix du lait qu’ils viennent de signer avec de grands groupes agroalimentaires ? Rien n’est moins sûr. Alors pourquoi ne pas s’en réjouir ?

Ni le déclin ni la morosité ne sont une fatalité. Pour s’en convaincre, il suffit de rencontrer ces jeunes qui ont soif d’entreprendre ou de voir ces étudiants qui ne sont en rien des déclinologues. Ils ont simplement envie de préparer leur avenir en inventant de nouveaux gestes et en imaginant de nouveaux métiers. S’ils remettent en cause bien des choses, ils ne sont en rien nihilistes. Alors n’écoutez pas ceux qui vous promettent le pire (même s’ils vous traitent de Bisounours) ou, du moins, ne prenez pas leur logorrhée pour argent comptant. Arrêtez de multiplier les journées « sans » (voiture, viande, poisson…) et inventez des journées « avec » (de la bonne humeur, des projets, de l’imagination…). Demandez-vous tous les matins quelle est la bonne nouvelle du jour. Et vous verrez que si vous vous dotez de ce gilet rose virtuel, votre quotidien n’en sera que meilleur… 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2540

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