[Edito] Je suis éco-logique

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yves puget

Cette semaine vous trouverez dans ce magazine quatre sujets qui, a priori, n’ont aucun lien entre eux. Le premier est une enquête autour de la loi Climat. Un texte porteur d’espoir pour les générations futures mais qui, pour certains de ses articles, est quelque peu déconnecté de la réalité économique. Aucune étude d’impact n’a été faite. Avec, à la clé, des entreprises qui pourraient être en grande difficulté, des emplois menacés de disparaître et une distorsion de concurrence qui se creuserait avec bien des pays moins réglementés et moins taxés.

Le deuxième sujet abordé est une actualité forte puisqu’il s’agit du départ forcé d’Emmanuel Faber, le patron de Danone. Cet événement retentissant pose, lui aussi, la question de ce qui doit l’emporter entre la rentabilité et la responsabilité. La priorité d’une entreprise est-elle avant tout de contribuer à la sauvegarde de notre planète ou de verser des dividendes à ses actionnaires ? Mais la vie des affaires n’est peut-être pas aussi simple…

Le troisième sujet est une étude LSA avec Avery Dennison. On y apprend, sans trop de surprises, que les Français veulent plus de transparence sur la composition des produits. Pour y parvenir, ils font confiance aux labels et, plus étonnant, ils réclament davantage de données via la RFID ou la blockchain. Une preuve de maturité et une démonstration que, pour répondre à cette attente, les bons sentiments ne suffiront pas et que les nouvelles technologies, mais aussi la science, sont indispensables. Dit autrement, il va falloir investir dans le digital.

Enfin, le quatrième sujet est une enquête. Nous commençons en effet cette semaine notre série de dossiers spéciaux consacrés à la transformation de la consommation. Le premier épisode est dédié à l’enjeu du développement durable. Il y a urgence climatique et les professionnels en sont totalement conscients. Mais cela demande du temps et ne se fera pas simplement avec de beaux discours. Cette transition nécessite, encore une fois, des budgets en euros sonnants et trébuchants. Les éoliennes sur les parkings des grandes surfaces ou le développement de pots durables comme dans la laiterie de Bailleul de Danone (6 millions d’euros d’investissement) ne peuvent se faire si l’État met sans cesse les entreprises sous pression ou si elles perdent de vue que leur objectif est d’abord de gagner de l’argent pour, ensuite, investir dans l’écologie et la RSE pour devenir une marque responsable. Ce qui revient à ne pas mettre la charrue avant les bœufs…

Voilà pourquoi j’apprécie ce hasard du calendrier qui fait que nous traitons tous ces sujets dans un même numéro. Il démontre qu’il ne faut pas opposer l’économie à l’écologie. Que les deux sont indispensables et compatibles pour le monde de demain et qu’une troisième voie existe. Se contenter de changer les habitudes ne sera pas suffisant et, à l’inverse, réduire les investissements pour satisfaire l’actionnaire est un petit jeu extrêmement dangereux tant il est urgent de concevoir, produire, livrer et distribuer autrement. C’est pourquoi j’affirme que je suis un éco-logique convaincu. Cette alliance nécessaire de l’économie et de l’écologie que demain tout le monde trouvera… logique. 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2644

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