[Edito] L'année des métiers

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yves puget

Certaines années sont marquées par une thématique forte, comme ce fut le cas pour le développement durable ou le digital. Et si 2022 était l’année des métiers, du management et de « l’humain » ? Dans les prochains mois, les problèmes de recrutement seront, en effet, à l’ordre du jour. Dans bien des secteurs, la pénurie de main-d’œuvre est criante. Et pourtant les usines doivent tourner, les camions rouler et les magasins ouvrir. S’en sortiront plus facilement ceux qui développeront la fameuse notion de « marque employeur ». Ces entreprises qui sauront attirer des jeunes et moins jeunes parce qu’elles « dégagent » des valeurs… et dont les salaires sont attractifs. Car l’autre question managériale sera celle des salaires. Avec la pénurie de main-d’œuvre et la montée de l’inflation, les négociations annuelles obligatoires sur les salaires s’annoncent délicates. Bien des dirigeants sont conscients que des efforts sont nécessaires. Il reste à savoir si, économiquement, ils peuvent se permettre de répondre à des demandes qui, parfois, peuvent se transformer en grogne sociale. Une problématique d’autant plus importante quand se déroule une campagne pour l’élection présidentielle, avec sa ribambelle de revendications… et de promesses.

L’année 2022 sera aussi marquée par l’évolution des métiers. Certains sont sérieusement remis en cause, et même sur la sellette, comme celui d’hôte et hôtesse de caisse. Dans les rayons, le développement des métiers de bouche et la multiplication des services en magasins créeront des opportunités. Et que dire du digital, qui proposera des postes peu qualifiés (livreurs, préparateurs, etc.) et d’autres très spécifiques (experts en intelligence artificielle, etc.) ?

La formation jouera aussi un rôle essentiel. En interne ou externe, pour des fonctions très opérationnelles ou non, cette question sera cruciale. À l’instar de Carrefour qui a créé son école interne, baptisée l’École des leaders, et dont l’objectif est de former des managers pour les faire progresser d’un échelon. Autre exemple, Système U, qui a créé son propre certificat d’aptitude professionnelle (CAP) boucher, une ouverture rendue possible par la réforme de l’apprentissage incluse dans la loi Avenir professionnel, entrée en vigueur le 1er janvier 2019. Il conviendra aussi de développer les contrats en alternance. Rappelons qu’en 2020, les 19 branches du commerce ont enregistré 65 814 alternants dont 69 % en contrat d’apprentissage. Et que pour 2021, l’objectif était 75 000 contrats signés, soit un bond de 15 % !

Le commerce se doit aussi de garder un rôle d’ascenseur social, en recrutant plus que jamais des jeunes et, si possible, de la zone de chalandise des magasins et/ou de quartiers défavorisés. L’insertion des handicapés est également un sujet d’importance. Et que dire de la parité qui, si elle progresse, n’est pas encore acquise dans une branche économique qui reste très –trop– souvent masculine ? Voilà pourquoi 2022 se doit d’être l’année des métiers. Et LSA, via son magazine, son site internet et ses événements, compte y contribuer. 

ypuget@lsa.fr

@pugetyves

 

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Article extrait
du magazine N° 2681

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