[Edito] Mètres carrés

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EDITORIAL « Montrer les signaux faibles de la stratégie des entreprises et les signaux forts de la vitalité des marchés. »

yves puget

J’entends déjà des distributeurs clamer que ces classements ne valent plus rien. Qu’à l’heure de l’e-commerce, du drive et du click & collect, il est bien dérisoire de hiérarchiser les enseignes en fonction de leur nombre de points de vente et d’additionner ainsi les mètres carrés. Pour eux, il est faux de conclure que l’enseigne la plus dynamique est forcément celle qui multiplie les ouvertures et les agrandissements.

Sans oublier que ces tops 20 des secteurs du non-alimentaire que LSA publie dans ce numéro masquent l’arrivée des nouveaux entrants, comme Primark avec ses 11 magasins et ses 52 014 m², et ne tiennent pas compte des rayons « non al » des hypermarchés. Enfin, nombreux sont ceux à penser qu’aujourd’hui, la croissance est omnicanale et que le vainqueur de demain sera probablement celui qui trouvera le bon équilibre et les bonnes synergies entre le carrelage et le web.

Tous ces arguments sont exacts. Il n’en reste pas moins que ceux qui dressent un tel constat sont les mêmes qui, tous les ans, communiquent sur l’évolution de leur parc, se félicitent des mètres carrés gagnés et se réjouissent d’avoir attiré dans leur giron quelques points de vente concurrents. Comme ils sont ravis, à chaque fois, d’envoyer un communiqué de presse à la moindre ouverture et d’inviter les journalistes locaux à chaque inauguration !

Le bilan des mètres carrés non alimentaires que nous dressons cette semaine, avec la base de données LSA Expert, est donc plus qu’utile. Il ne s’agit pas simplement d’impressionner en comptabilisant la bagatelle de 71 748 magasins ou 43,8 millions de mètres carrés ! L’objectif est clairement ailleurs. Ces 16 pages prouvent surtout que le magasin est encore au cœur des stratégies. À tel point que les pure players se mettent eux aussi à en ouvrir. Ce dossier démontre que, si des magasins ferment, d’autres ouvrent. Que si des enseignes disparaissent, d’autres apparaissent. Que le commerce est en perpétuel mouvement. Qu’il se doit de s’ajuster en fonction des réalités économiques, des évolutions de la population et des zones de chalandise, des modes et des idées des entrepreneurs.

Enfin, comment ne pas en déduire que la concurrence est rude ? Certains diront qu’il y a en France trop de mètres carrés et que de nombreuses fermetures sont à prévoir, en raison de la crise économique et des coups de boutoir de l’e-commerce. D’autres, plus modérés, pensent qu’un équilibre finira par se trouver. Que l’e-commerce balayera un grand nombre de chaînes qui n’ont pas de valeur ajoutée et que les autres, celles qui ont un positionnement fort et un véritable savoir-faire, s’en sortiront. À l’instar d’Action (221 magasins et 181 549 m²), qui est rapidement entré dans ce classement.

Enfin, au-delà des cas particuliers, ce palmarès met en exergue les différences entre marchés. C’est ainsi que, dans le top 20 du bricolage, seulement deux enseignes affichent moins de magasins que l’année précédente, contre huit dans le jardinage ! In fine, ces additions de mètres carrés ont leurs limites, mais elles montrent les signaux faibles de la stratégie des entreprises et les signaux forts de la vitalité des marchés. 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2452

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