[Édito] Ode à l'innovation

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Je dédie cet éditorial du numéro des 40 ans des Trophées LSA de l’innovation à ceux qui inventent. À ceux, bien sûr, dont c’est le métier. Ces ingénieurs et ces chercheurs qui conçoivent les produits et les métiers de demain. Ils assurent la croissance des prochaines années et les emplois du futur. Merci à eux d’avoir imaginé le smartphone, la compote en gourde ou le déodorant compressé (lire le palmarès des meilleures innovations des quatre dernières décennies p. 56 à 60). Et ­bravo aux 45 lauréats de cette édition 2019 démontrant qu’il est toujours possible de casser les codes et les habitudes.

Mais l’innovation – qui est ­aussi le moteur de la marque LSA – ne se cantonne pas aux services de recherche et de développement et aux produits alimentaires et non alimentaires. Elle se trouve aussi dans le marketing, les usines, les entrepôts ou les magasins. Le monopole de l’innovation n’existe pas et ce n’est en rien une chasse gardée de quelques ingénieurs ou scientifiques. Ce n’est pas une question d’âge, de quotient intellectuel ou de niveau d’études. Cette pensée positive ou cette petite envie de transgression se révèle à tous les étages et dans tous les rouages de l’entreprise. L’innovation, c’est un état d’esprit, ce petit truc en plus qui fait qu’on cherche des solutions plutôt que d’attendre des réponses. Ce qui fait qu’un salarié motivé dépasse sa fonction pour ne pas se contenter d’effectuer ce qu’on lui demande. Il trouve cette petite ou grande idée qui permet de travailler autrement pour faire mieux, plus vite, plus sûr, plus écologique ou moins cher. La fameuse boîte à idées, que certains trouvent désuète à l’heure d’internet mais qui révèle pourtant bien des choses des mentalités des équipes et des services.

Acheteurs, commerciaux, directeurs de magasins, chef de rayons ou de produits, nous sommes tous des « chercheurs » et des « inventeurs ». Certains experts n’hésitant pas à dire que 80 % des innovations seraient l’apanage de salariés qui n’ont rien à voir avec la R & D. L’éloge de l’innovation est aussi celle de l’action. Il ne sert à rien de s’arc-bouter sur tous les acquis du passé. En France, la peur de l’échec est trop prégnante. On rejette trop souvent la prise de risque. L’angoisse de la nou­veauté freine l’audace. Il faut pourtant accepter que toutes les idées ne soient pas bonnes. Seulement 5 à 10 % des brevets déposés aux États-Unis ont un intérêt commercial et 1 % génèrent de réels succès !

Voilà pourquoi je dédie ce numéro des 40 ans des Trophées LSA non pas à ceux qui passent des heures devant leurs tableaux Excel pour rogner sur les coûts mais à ceux qui créent, proposent et trouvent des petites idées de l’ordre de la bonne pratique comme à ceux qui planchent sur la « rupture ». À ceux qui ne se réfugient pas derrière des expressions toutes faites comme « on n’a pas le temps », « on n’en a pas les moyens » ou « on fait comme cela depuis toujours ». J’avoue mon admiration pour ceux qui pensent que la résignation est le contraire de l’innovation et que l’enthousiasme en est le prérequis. 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2583-2584

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