[Édito] Optimisme

yves puget

Des grèves sont annoncées en France et on ne sait, au moment où j’écris ces lignes, combien de jours les blocages dureront… Et c’est le moment que choisit Delphine Batho, ex-secrétaire d’État et toujours députée, pour déposer un amendement en vue d’interdire le Black Friday… Et pourquoi pas supprimer Noël ou Pâques du calendrier ? Et puis les week-ends et les vacances, parce qu’ils sont aussi générateurs de consommation et de déplacements coupables d’émissions de CO2 ! Désolé de ces remarques caricaturales, mais j’essaie juste de me mettre à la hauteur de ce risible Concours Lépine de l’idée la plus saugrenue… Malgré cette ambiance pour le moins pesante et une consommation qui ne se porte pas au mieux, je conserve toujours mon optimisme habituel. Tout simplement parce que, pendant que certains ne cessent de rabâcher leur sempiternel « c’était mieux avant », d’autres sourient, réfléchissent et bâtissent.

Les deux jours de la première édition du Congrès LSA Live ont démontré que tout le monde ne baigne pas dans le fatalisme ou le déclinisme. Avec passion et conviction, les 62 orateurs qui sont intervenus – dont 20 retailers – ont tenté d’expliquer pourquoi « ce sera mieux demain ». Ils n’ont cessé d’expliquer que la jeune génération ne refuse pas la société de consommation, mais qu’elle veut une autre approche, avec plus de valeurs, de respect et d’écologie. Et lorsque l’on écoute ces jeunes entrepreneurs à la tête de DNVB (digitally native vertical brands), on se dit qu’ils ont la même envie et la même passion que leurs aînés lorsqu’ils ont créé les Leclerc ou L’Oréal. L’envie d’entreprendre n’est pas morte !

LSA Live a aussi démontré que l’optimisme n’est pas une vertu géographique. Car tout le monde travaille sur les mêmes sujets. Tous les distributeurs, aux États-Unis, en Chine, au Royaume-Uni ou en Colombie, s’interrogent sur la façon de contrer ou d’accompagner l’e-commerce. Tous élaborent des stratégies de cross canal. Sans oublier la nécessité d’aller vite (le test and learn), de lancer beaucoup de projets et de savoir les arrêter rapidement. Tous s’interrogent sur l’intelligence artificielle ou la blockchain et ne jurent que par l’expérience client. Et tous veulent déve­lopper des marques responsables vis-à-vis de la planète mais aussi de leurs salariés. Car, finalement, ce fut bien là l’une des lignes directrices de LSA Live : l’humain. Même les spécialistes de l’intelligence artificielle ont raconté que si la technologie s’achète plus ou moins facilement, le plus dur reste de savoir interpréter les résultats. Et lorsque l’on m’explique que le digital est un outil – certes indispensable – et non une finalité, je ne peux qu’être optimiste.

Finalement, le pari LSA Live est gagné puisque cet événement vivifiant pour les neurones a réuni dans un lieu unique l’industrie et la distribution, l’alimentaire et le non-alimentaire, l’e-commerce et le commerce traditionnel et des multinationales et des start-up. Une véritable plate-forme de partage des savoirs et des connaissances. Quant à la France, pays inventeur de l’hypermarché mais aussi du drive, elle se doit de retrouver sa place au sein du commerce mondial, car tout ne se joue pas à New York ou à Shanghai. Et c’est aussi l’un des rôles de LSA Live et une bonne raison d’être optimiste et d’attendre avec impatience la prochaine édition. 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2582

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