[Edito] Ouvertures de magasins: à quelle heure?

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Yves Puget

La pandémie et le confinement des Français posent nécessairement la question des horaires d’ouverture des magasins. D’un côté, il y a ceux qui parlent avant tout de l’utilité publique du commerce, pour qui les magasins alimentaires se doivent d’ouvrir le plus largement possible afin de faciliter l’approvisionnement des Français. Ils veulent multiplier les nocturnes, voire ouvrir tous les dimanches. Leurs arguments : plus les plages horaires d’ouverture seront vastes, moins la foule sera nombreuse en rayons et donc plus il sera aisé d’assurer le réassortiment des ­gondoles et de respecter les distances de sécurité dans les allées et aux caisses.

Si ce raisonnement tient parfaitement la route, d’autres voix se font entendre. Au-delà de l’utilité publique du commerce, il faut aussi penser aux conséquences sociales, managériales et humaines de la crise que nous vivons. ­Autrement dit, il convient aussi de prendre soin des salariés afin qu’ils puissent se reposer et donc, peut-être, limiter les horaires d’ouverture. De plus, étant donné qu’en Italie, des commerces affrontent depuis des jours 40 % ou plus d’absentéisme, et si l’on se projette dans une éventuelle pénurie de main-d’œuvre en France, la question des horaires d’ouverture deviendra cruciale. En outre, les Français étant confinés chez eux, ont-ils réellement besoin de faire leurs courses un dimanche ou d’arpenter les rayons après 21 heures ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’en suis pas certain (doux euphémisme…).

La réponse n’est donc pas aussi simple que certains le voudraient, mais le débat mérite d’être lancé, calmement et sereinement. Avec une consigne qui peut être imposée par l’État (fermeture obligatoire le dimanche, par exemple) ou décidée localement, magasin par magasin, selon sa taille ou sa localisation (centre-ville, périphérie, zone rurale, zone urbaine). Les grands patrons du commerce ou leurs fédérations ont l’obligation morale d’y réfléchir. Au-delà du simple impact économique, ils ont une responsabilité sociale : la distribution n’est-elle pas le premier employeur privé du pays ? Et, en plus, ce serait une modeste contribution, au moins le dimanche, à l’amélioration du respect tellement réclamé du fameux confinement national.

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Article extrait
du magazine N° 2597

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