Edito : Turbulences

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

"La stratégie des terroristes ne peut être enrayée que par une démarche de résistance. "

Le risque d'indécence et d'opportunisme n'est pas à écarter. L'une comme l'autre sont toutefois à des années-lumière de notre approche de l'actualité. Au-delà de l'horreur des événements qui viennent de frapper des milliers de familles américaines, c'est bien une nouvelle fois vers le consommateur que vont se tourner tous les regards de ceux qui auscultent l'économie mondiale. Voilà pourquoi LSA a, lui aussi, fait le choix de ces événements pour éclairer ses lecteurs sur les conséquences attendues sur la consommation (lire pages 30 à 33). Le défi que viennent de lancer les auteurs des attentats-suicides à New York et à Washington aux représentants du monde occidental est bien tout à la fois politique et économique. À ce titre, il impose une double réponse. Politique, et c'est le rôle des États directement ou indirectement concernés. Économique, et c'est là la responsabilité de tous les acteurs de l'économie. Les premiers comme les seconds s'y emploient depuis une semaine.

Reste une inconnue, majeure en ces temps de fortes turbulences. Quelle va être la réaction des consommateurs ? De la réponse à cette question dépend l'avenir à court terme de l'ensemble de l'économie mondiale. Que la confiance des ménages américains soit affectée par la tragédie du 11 septembre, nul ne peut en douter. Que les Américains se mobilisent pour ne pas offrir au monde - et encore moins à leurs ennemis masqués - le visage d'une économie en proie au doute, il y a fort à parier. Entre l'atteinte au moral et la mobilisation patriotique, il serait toutefois bien imprudent d'affirmer aujourd'hui ce qui sera le plus communément partagé par les consommateurs américains. Et, par ricochet, l'ensemble des consommateurs, qu'ils soient européens, asiatiques, africains ou sud-américains.

La guerre du Golfe, voici dix ans, par sa durée autant que par l'engagement des troupes de l'Alliance sur le terrain des opérations, avait durablement affecté les économies occidentales. La réponse attendue des États-Unis et de leurs alliés aux événements de la semaine dernière sera, cette fois-ci, tout aussi cruciale quant à l'impact économique redouté. Le ralentissement de la croissance observé sur la quasi-totalité des grands marchés comme l'hypothétique rebond espéré pour 2002 ne résisteraient pas à une riposte d'envergure, dans le temps comme dans les moyens engagés.

Pour l'heure, à défaut de pouvoir être combattue sur le terrain d'opérations militaires « conventionnelles », la stratégie des terroristes, parce qu'elle vise aussi le coeur de l'économie, ne peut être enrayée que par une démarche de résistance de la part de tous les acteurs de cette économie. Le comportement du consommateur n'est donc pas le seul facteur déterminant. Il appartient tout autant aux industriels de garder leur sang froid. Et aux distributeurs de ne pas ajouter aux effets psychologiques inhérents à toute crise. En portant par exemple, contrairement à ce que l'on a pu voir dans quelques hypermarchés de la Côte-d'Azur, une attention particulière au réassortiment de rayons vidés hâtivement de leur contenu par une clientèle à tout le moins fragile.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1737

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA