[Edito] Urgence commerciale!

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Yves Puget

Dernière ligne droite avant les fêtes de fin d’année. Et, comme l’an dernier avec les « gilets jaunes », le commerce est empêché de… commercer. Quel gâchis, lorsque l’on sait qu’en 2018, selon Iri, 86,8% des ventes de glaces de fin d'année (donc les bûches de Noel) et 72,6% des ventes de foie gras frais ont été réalisées en décembre. Idem pour les coffrets de toilette, dont les parfums, avec ce chiffre impressionnant de 78% des ventes! Quant au secteur du jouet, même si l'excuse du Père Noël en grève ne marche pas auprès des enfants, il est évidemment en état d’urgence.

Cette veille du 17 décembre 2019, journée de grève générale, et alors que des routiers commencent déjà à bloquer quelques sites, faisant craindre des problèmes d’approvisionnement pour les magasins et des clients en panne-sèche ne pouvant faire leurs courses, Jacques Creyssel, directeur général de Fédération du commerce et de la distribution, a amplement raison de tirer la sonnette d’alarme et d’estimer que la situation est « totalement catastrophique ». Il est en effet urgent de comprendre que des emplois sont en jeu. Que de très nombreux contrats d’intérimaires n’ont pas été signés. Que des magasins risquent de mettre la clé sous la porte. Autant de succursalistes, d’indépendants, de coopérateurs ou de franchisés qui voient leur chiffre d’affaires chuter de 20 ou 30%. Cette baisse se concentre particulièrement sur les centres des grandes villes telles que Paris, mais aussi sur les métropoles régionales telles que Nantes, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Le Havre, etc. Et il ne faut pas évoquer que le commerce. Les fournisseurs de ces magasins sont aussi touchés. Car, lapalissade, si les magasins ne font pas «chauffer» leur tiroir-caisse, cela signifie que des produits ne sont pas achetés. Le risque d’invendus est réel, avec le problème de surstock et même, pour certaines catégories, de retour chez les fournisseurs… 

Certes, la Secrétaire d'État, Agnès Pannier-Runacher, « fait le job » et elle a maintes fois expliqué dans les médias le risque social et économique de cette grève pour le commerce. Voilà pourquoi il est essentiel de réactiver, rapidement, le plan de soutien mis en place après la crise des « gilets jaunes » (report ou annulation de charges fiscales et sociales, activité partielle). Comme il faut autoriser l’ouverture exceptionnelle des commerces les dimanches des mois de décembre et janvier pour permettre aux commerçants de rattraper une partie de l’activité perdue (en complément des dimanches déjà accordés par les maires). Et que dire des occupations de magasins de plus en plus fréquemment organisées par certains mouvements activistes en marge des manifestations ? Il revient aux pouvoirs publics d’assurer la sécurité des commerces, de leurs clients et de leurs salariés. Il s’agit là d’une urgence pour que les lieux de consommation ne soient pas pris pour cible par l’extrême gauche ou des altermondialistes.   

Dans de telles conditions de travail, il convient de saluer les efforts réalisés par les salariés. Ces vendeurs et vendeuses, chefs de rayons et autres employés qui parviennent malgré tout à rejoindre leur point de vente et qui, le soir, après une journée éreintante, galèrent pour rentrer chez eux. Bravo à eux ! Je leur souhaite à toutes et tous que ces grèves cessent au plus vite. Et que les affaires reprennent.

 

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