Édouard Leclerc dans LSA : "Moi, ce que je voulais c'est faire école"

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A l'occasion du cinquantième anniversaire de l'enseigne, LSA avait rencontré en excusivité Edouard et Michel-Edouard Leclerc.

Parue dans le numéro du 14 décembre 2000, l'interview croisée d'Edouard et de Michel-Edouard Leclerc, alors Président et co-Président de l'ACDLec, permet de mieux cerner la philosophie d'une entreprise guidée par un leader visionnaire.

 

Voici quelques extraits :

"La France allait devoir faire face à une très forte évolution démographique. L'urbanisme allait être bouleversé par la civilisation de la voiture et l'exode rural. La consommation de produits bruts, non transformés, allait céder la place à l'achat de produits élaborés et standardisés. La femme allait quitter son foyer pour commencer à travailler et donc faire appel à des produits plus faciles à cuisiner La révolution de la distribution était inéluctable !"

"Huit jours après l'ouverture de mon premier magasin, les contrôleurs venaient voir comment je pouvais vendre moins cher ! Toute notre vie, ma femme et moi avons dû subir des tracasseries. Et bon nombre de centres Leclerc ont subi les mêmes attaques. Mais, finalement, le seul vrai obstacle que nous n'avons pas pu surmonter, c'était ce mot d'ordre : « Pas de Leclerc dans Paris ! » Cela restera pour moi l'ultime preuve de la collusion entre les dirigeants du grand commerce et la classe politique."

"Moi, ce que je voulais, c'est faire école. Ce qui m'a toujours intéressé, c'est de promouvoir une formule de distribution plus transparente, plus proche des intérêts des consommateurs. J'ai toujours eu la hantise de la spéculation. On avait trop souffert pendant la guerre. Les grandes familles du commerce (Félix Potin, Cathiard, Halley) avaient bien sûr modernisé les magasins, mais ils avaient simplement oublié de raccourcir les marges."

"J'ai toujours su que la vie est un combat. Je ne crois pas aux acquis. Et c'est une constante de l'appareil d'État que de sécréter, chaque fois qu'il le peut, les obstacles aux libres initiatives."

"J'ai toujours dit que le problème du prix n'avait rien à voir avec le problème de la qualité. Il ne faut jamais les opposer. Si un fabricant tire sa qualité vers le haut, qu'il met un produit à un prix supérieur sur le marché et qui est demandé par le consommateur, il n'y a pas de problème. Regardez ce qui a été fait pour la viticulture et la promotion des vins fins par nos enseignes. Mais vendre des produits de meilleure qualité ne doit pas servir de caution à un relèvement des marges !"

 

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