Éloge du bon sens

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Le show de Gérard Mulliez devant 700 personnes.

Yves Puget
Yves Puget©Bernard Martinez

Les quelque 700 personnes présentes mercredi 7 décembre à la cérémonie des Trophées LSA de l'innovation se souviendront longtemps de cette édition 2011. En quelques minutes, ils ont fait un tour d'horizon complet des meilleurs lancements de l'année et des concepts magasins et e-commerce les plus pertinents (lire pages 10 et 11 et sur le site lsa.fr avec le diaporama de la soirée). Mais, surtout, ils ont assisté à une grande prestation de Gérard Mulliez.

En montant sur la tribune pour recevoir son Trophée d'honneur, remis par Franck Riboud, PDG de Danone, le fondateur d'Auchan n'a pas eu la langue dans sa poche. Abandonnant ses notes, il a répondu aux questions de LSA avec le franc-parler qu'on lui connaît, avec sa malice habituelle du haut de ses « quatre fois vingt ans », comme il le dit lui-même.

Car au-delà d'être une personnalité, Gérard Mulliez est un personnage. En une vingtaine de minutes, il a mis toute l'assistance dans sa poche, industriels comme distributeurs. Avec de bonnes phrases, des effets de scène (je recule, j'avance, je reprends le micro...), des piques ici ou là sur des concurrents ou des fournisseurs. Mais aussi et surtout avec une grande fraîcheur dans ses propos et un énorme bon sens qui ne l'a jamais quitté. Comme lorsqu'il rappelle les bases de l'hypermarché. Qu'au-delà du « tout-sous-le-même-toit », il ne faut pas d'attente aux caisses, que les ruptures en rayons sont à bannir et que le personnel doit être disponible dans les allées. Simple ? Oui, mais hélas, de plus en plus rare.

Certes, on peut rétorquer que le monde est devenu extrêmement complexe. Que les magasins se sont multipliés comme des petits pains ; que la concurrence est multiforme ; que le juridique prime sur le commercial ; que les consommateurs sont moins moutonniers ; que les tendances ont des durées de vie de plus en plus courtes ; que la mondialisation a changé la donne ; que les crises se succèdent à un rythme effréné... Donc qu'être commerçant aujourd'hui est plus périlleux qu'il y a vingt ou trente ans.

Il n'empêche que, dans cette époque embrouillée, les professionnels se doivent de rendre les choses simples. Le retour aux basiques ou aux fondamentaux est plus que jamais nécessaire. En quelques minutes, Gérard Mulliez n'a pas dit autre chose. Alors que des distributeurs ont les yeux rivés sur leur cours de Bourse, il a montré sa vision du commerce. Il a valorisé la parole au détriment du PowerPoint. Il a fait l'éloge de bon sens et non de la sophistication. Il a préféré le « parler vrai » à la « langue de bois ». Rafraîchissant...

 

Toute la rédaction de LSA vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année et vous donne rendez-vous le 12 janvier 2012.

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Article extrait
du magazine N° 2209

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