EMBAUCHES

|

Il paraît bien loin le temps des rapports Arthuis et Borotra, ou celui des commissions Charié ou Le Déaut. Cette époque où les politiques, de droite comme de gauche, se faisaient un malin plaisir à fustiger « les prix bas », ceux-là même qui « tuent l'emploi ». Aujourd'hui, il est de bon ton de réclamer des baisses de tarifs. Et sur le terrain de l'emploi, force est de constater que le commerce ne cesse d'embaucher. Plus de 26 500 créations de postes ont été recensées pour 2005, selon l'enquête réalisée par LSA (lire p. 54 à 59). Certes, les thuriféraires du petit commerce ne manqueront de répliquer que ces créations se font au détriment des centres-villes. Que des milliers de petits magasins ferment chaque année en faveur des « usines à vendre »... Les images d'Épinal ont la vie dure. Il est pourtant urgent de comprendre que derrière l'expression « grande distribution » se cache également des petites surfaces. Que Carrefour développe 8 à Huit, ou que le Groupe Casino porte, jusqu'à preuve du contraire, le nom de ses petites surfaces et non celui de ses hypers. Sans parler de ces mairies qui réclament « leur » Fnac ou de ces agglomérations de communes qui rêvent de « leur » Ikea.

Alors, pourquoi les distributeurs n'arrivent-ils pas à se défaire de cette image négative ? Pourquoi servent-ils de bouc émissaire à ceux qui subissent les dysfonctionnements de la société ? Sans doute parce que ce métier - la grande distribution - est relativement neuf, qu'il est historiquement jugé ingrat par rapport à l'industrie, et qu'il n'est pas valorisant socialement (plus les enseignes sont discount, plus elles sont dénigrées). Mais aussi en raison d'une surreprésentation des métiers non qualifiés, des relations pour le moins conflictuelles avec les fournisseurs, de l'éclatement des fédérations professionnelles... Résultat, selon les bons mots d'un expert, lorsqu'en France un distributeur réussit, le gouvernement freine son essor par de nouvelles contraintes réglementaires, alors qu'en Grande-Bretagne, il est anobli !

L'influence du secteur n'est donc pas à la mesure de son poids économique. Certes, tous les abus n'ont pas été proscrits et de gros efforts doivent être faits pour optimiser les conditions de travail, améliorer les rémunérations ou réduire le turn-over. Mais au moment où le chômage est présenté comme une cause nationale, où, dans certains pays, les enseignes lancent de vastes plans de licenciements (lire l'article sur l'Allemagne p. 28), on ne saurait ignorer qu'en France le commerce ne cesse d'embaucher. Et même qu'il peine à trouver les profils tant convoités (logisticiens, chefs de rayons, métiers de bouche...). Un comble !

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1875

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA