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Emeric Sauty de Chalon s'explique sur la mise en redressement judiciaire Héraclès (ex-1855)

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La société de négoce de vins en ligne Héraclès, (anciennement 1855), a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, a indiqué Maitre Hélène Poulou, l’avocate de clients mécontents de l'entreprise.

1855 logo

"La société avait déposé une requête pour être placée sous sauvegarde judiciaire mais le tribunal de commerce a constaté l'état de cessation de paiement et l'a donc placée en redressement judiciaire", poursuit Maître Poulou. Cotée en Bourse, où son action ne valait plus que 4 centimes mercredi soir, la société possède les sites ChateauOnline et CavePrivée. Sa gestion avait suscité de nombreuses récriminations de la part de ses clients, cela depuis de nombreuses années.

Selon l'avocate, qui représente 300 clients en contentieux avec Héraclès, la décision du tribunal, rendue lundi, "est loin d'être une surprise. J'attendais cette décision depuis longtemps car il était de notoriété qu'ils étaient en état de cessation de paiement, au moins depuis avril. Une procédure était en cours, lancée par l'Urssaf et Pôle Emploi, en vue d'un placement en redressement judiciaire, c'était de toute manière inéluctable".

Vins non livrés

"Si l'on en croit le bilan comptable de Héraclès, on parle de 16 millions d'euros d'acompte versés pour du vin qui n'a pas été livré, dans le cas de mes clients on en est à environ un million d'euros, sans même parler des dommages et intérêts", détaille Maître Poulou.

Héraclès s'était spécialisée dans la vente de primeurs des vins de Bordeaux, qui permet aux clients d'acheter des vins à des tarifs préférentiels qui ne sont livrés que deux ans plus tard, lorsque le vin arrive à maturité.

Emeric Sauty de Chalon, fondateur de 1855, s'explique

Depuis ses ennuis avec de nombreux clients, le PDG-fondateur d’Héraclès, Emeric Sauty de Chalon, s’exprime peu dans la presse. Il a toutefois accordé une interview au magazine Challenges, suite à la décision du Tribunal de Commerce. En voici quelques extraits:

Challenges : Cette procédure va-t-elle vous permettre de vous soustraire aux décisions de justice vous ayant condamné à dédommager certains de vos clients jamais livrés ?

Emeric Sauty de Chalon : Il ne m’appartient pas de commenter des décisions de justice, mais si nous ne nions pas nos erreurs, nous devons affronter certains plaignants aux demandes excessives. Nous avons affaire à des clients mécontents qui exigent d’être indemnisés vingt fois ou trente fois le montant de leur commande initiale. C’est de nature à menacer l’existence de notre entreprise. Et c’est parfaitement injuste à l’égard de ceux qui ont accepté que nous remplacions les produits demandés par d’autres produits, ou ceux qui ont accepté un dédommagement égal à 10% du prix de leur commande. Notre responsabilité consiste à préserver l’existence de notre entreprise, de ses 50 salariés et la satisfaction de ses milliers de clients.

Challenges : Allez-vous pouvoir continuer à payer vos fournisseurs, les châteaux et propriétés viticoles ?

E SdeC : Bien entendu. Nous effectuons nos achats via notre filiale 1855 EC qui n’est pas concernée. Le redressement judiciaire ne concerne que la société Héraclès dans laquelle nous avons placé l’activité primeurs, aujourd’hui en sommeil.

Challenges : Comment expliquez-vous la virulence de certains commentaires vous concernant sur Internet ?

L’écrasante majorité de nos clients sont satisfaits, nous recevons d’ailleurs de nombreux message de soutien. Mais il y a parmi les acheteurs de vins en primeurs, des experts du placement opportuniste ou de la procédure lucrative qui ont profité de nos erreurs pour améliorer leurs rendements.

 (…)

Vous n’avez jamais songé à vous retirer ?

Surement pas. Je suis l’un des actionnaires de cette entreprise via le fonds Aphrodite qui possède 51% d’Héraclès. Les 49% restants sont cotés en Bourse. Quand je commence quelque chose je le termine toujours. En ce moment, nous avons des témoignages très positifs, des personnalités qui nous soutiennent. Evidemment, les commentaires sur Internet sont négatifs mais cela ne reflète pas l’opinion des nombreux clients satisfaits qui n’ont rien à signaler. Je ne suis absolument pas découragé.

 

 

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