Emmanuel Huet, responsable du Centre de recherche sur la consommation du Boston Consulting Group

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LSA - Votre étude, réalisée dans cinq pays d'Europe auprès de 1 000 personnes par pays, fait un constat édifiant : seuls 9 % des Français sont prêts à payer plus pour des produits écologiques...

Emmanuel Huet - C'est une spécificité française. Nous sommes deux fois en dessous de la moyenne européenne, qui s'établit à 17 %. Ce qui se traduit d'ailleurs dans les actes : 44 % des Français achètent rarement des produits écologiques contre 22 % en Europe. Nos concitoyens sont peut-être plus honnêtes dans leurs réponses, mais cela traduit aussi le sentiment : ils pensent que c'est aux dirigeants de faire un effort. C'est essentiellement dû au sentiment de détérioration du pouvoir d'achat en France. 44 % ne se sentent pas sûrs financièrement, contre 39% dans les autres pays européens.

LSA - Ce sentiment a-t-il un impact sur la polarisation des consommateurs vers le bas et le haut de gamme ?

E. H. - Les arbitrages sont toujours plus sélectifs. Les clients prêts à payer plus pour une catégorie de produits passent de 86 % à 69 % en l'espace de deux ans. Le phénomène du sablier ne cesse de s'amplifier. Si le coeur de gamme continue de concentrer l'essentiel des volumes, les relais de croissance sont bien sûr le premium.

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Article extrait
du magazine N° 2025

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