Emmanuel Macron apporte son soutien moral et fiscal aux coopératives

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Le ministre de l’Economie est venu clôturer le congrès des coopératives agricoles et alimentaires, en apportant son soutien au modèle, assorti d’un allégement fiscal voté in extremis dans la loi de finances pour 2016.

Le ministre de l'Economie a annoncé un allègement fiscal pour les coopératives agricoles et alimentaires
Le ministre de l'Economie a annoncé un allègement fiscal pour les coopératives agricoles et alimentaires

Emmanuel Macron, ministre de l’économie… coopérative ? Il est venu clôturer - une première pour un ministre de l’Economie - le congrès des coopératives agricoles et alimentaires, qui se tenait à Paris le mercredi 17 novembre. Et il n’a pas tari d’éloges sur ce modèle économique. Dans la période trouble d’après élections régionales et attentats, qui “fragilisent nos valeurs, attaquées parce qu’elles sont mal défendues, les coopératives portent ces valeurs républicaines qu'elles traduisent en actes. C'est une utopie, celle de l’égalité, de la solidarité, du travail, du progrès. Une coopérative, c’est une entreprise comme une autre, mais avec ce supplément d’âme”. Voilà pour le soutien moral.  

Et il n’est pas venu les mains vides. Interpellé par Philippe Mangin, président de Coop de France, “stupéfait” que la mesure de suramortissement, un allégement fiscal annoncé par le Premier ministre au printemps, ne pouvait pas bénéficier aux coopératives, Emmanuel Macron est apparu, en sauveur, annoncer aux dizaines de dirigeants concernés qu’ils y auraient finalement droit : un amendement devait être voté in extremis dans la loi de finances ce jeudi 17 novembre. Voilà pour le soutien fiscal. Pour Philipe Mangin, c’est sa dernière victoire en tant que président de Coop de France. Il est remplacé à ce poste par le président de Maisadour (Delpeyrat), Michel Prugue.

Le Cice va se transformer en allégement de charges

Mais Philippe Mangin avait rappelé auparavant au ministre que les coopératives n’avaient pas pu bénéficier du CICE, comme les autres entreprises, qu'elles étaient souvent les oubliées des mesures fiscales du gouvernement qui visent toujoursdes  allégements d'impôts sur les bénéfices, que les coopératives n'ont pas le droit de réaliser (elles doivent réinvestir ou consentir des ristournes). Environ 300 millions d’euros de manque à gagner par rapport aux entreprises classiques, d’après nos estimations. Mais là, Emmanuel Macron ne peut plus rien. En revanche, il rassure les coopératives. A partir de 2018, le CICE va être transformé en “allégement de charges”, comme le souhaite le président de la République. “Je soutiens pleinement cette évolution, elle permettra cette fois aux coopératives de bénéficier pleinement de la mesure”, a indiqué le ministre de l’Economie.

Il a aussi assuré que pour les relations commerciales, il ferait respecter “l’ordre public économique” et a salué les distributeurs - présents dans la salle - notamment Jérôme Bédier, n°2 de Carrefour, Jacques Creyssel, président de la FCD, des représentants d’Intermarché, “pour leur sens des responsabilités”. “Je ne laisserai pas s’installer la loi du plus fort”. Même pour les négociations commerciales, le modèle coopératif serait le bon, en quelque sorte. On verra si la bonne volonté du ministre suffira. Car en matière de prix, l’intervention ministérielle de conciliation a ses limites, on l’a vu avec la tentative de maintenir des cours artificiels dans le porc notamment. L’allégement fiscal sonnant et trébuchant, voilà une méthode qui redonne probablement plus de compétitivité aux fournisseurs comme aux distributeurs...

 
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