Emmanuel Macron, l'invité surprise du gouvernement à l'économie

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

LÉGISLATION - LOISTRAVAIL DOMINICAL Exit Arnaud Montebourg et son ministère du Redressement productif. A la surprise générale, Il laisse la place au jeune secrétaire général adjoint de l'Elysée, Emmanuel Macron, 36 ans, qui prend le titre plus classique de ministre de l'Economie, de l'Industrie, et du Numérique. A ses côtés, secrétaire d'Etat au Commerce et de la Consommation, Carole Delga - et Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, toutes les deux reconduites.

Emmanuel Macron, le conseiller du Président qui devient ministre, à 36 ans
Emmanuel Macron, le conseiller du Président qui devient ministre, à 36 ans

Nul ne l'avait prévu, pas même les journalistes politiques très bien informés qui inondaient Twitter de certitudes sur les nominations. Emmanuel Macron, 36 ans, est vraiment l'invité surprise du nouveau gouvernement Valls. Probablement l'un des plus jeunes ministres de l'Economie, le poste clé du gouvernement basé à Bercy. Il succède à Arnaud Montebourg, à l'origine de la crise gouvernementale, et sera aux côtés de Michel Sapin, reconduit comme ministre des Finances et des Comptes publics, qui restera probablement le maître à bord, en vieux lion politique.

Emmanuel Macron est issu de la galaxie des banquiers et de l'inspection des finances. Fils de bonne famille (père neurologue), Lycée Henri IV, IEP, Ena dont il sort 5e de sa promotion, il rejoint l'inspection des finances où il côtoie Jean-Pierre Jouyet, dont il deviendra l'adjoint à l'Elysée, et qui lui présente François Hollande en 2006. En 2007, il est en tant que haut fonctionnaire rapporteur de la fameuse Commission Attali, qui servira de fil conducteur à la politique économique de Nicolas Sarkozy. Il en connaît donc toutes les propositions, y compris vis à vis de la grande distribution. En 2008, il entre comme banquier d'affaires chez Rothschild (comme Georges Pompidou !), et devient millionnaire lorsqu'il conseille le groupe Nestlé pour l'acquisition d'une division de Pfizer pour 9 milliards d'euros. Il connaît donc aussi le business des groupes agroalimentaires (ou pharmaceutiques) mondiaux. Il avait été remplacé juste avant l'été au poste de conseiller économique du Président par Laurence Boone, elle aussi banquière, passée par Bank of América Merryl Lynch. Elle a été pendant trois ans membre du conseil d'administration de Kering (ex-PPR).

Emmanuel Macron va-t-il s'intéresser de plus près à la consommation intérieure et au pouvoir d'achat, ce qu'avaient omis ses prédécesseurs Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, avant de virer visiblement trop brusquement en faveur d'une politique de la demande, en plus d'une politique de l'offre, en laissant filer les déficits ? C'est peu probable. On lui attribue la paternité du pacte de responsabilité et de solidarité, qui aboutit à une forte réduction des impôts pour les entreprises, une augmentation de ceux pour les ménages, concentrée sur les classes moyennes et une tentative de réduction des déficits qui pour l'instant ne donne pas les résultats espérés. Il faut noter qu'il n'a pas repris l'intitulé précis du bouillant ministre de Bercy : un classique "ministre de l'industrie" remplace la formule plus militante de "Redressement productif".

En tous les cas, c'est lui qui devra mener à bien la future loi annoncée par Arnaud Montebourg - mais voulue par François Hollannde - sur la relance du pouvoir d'achat en économisant 6 milliards d'euros par le remise en cause des avantages des professions libérales réglementées, comme les pharmaciens, les notaires ou les huissiers de justice. Là encore, Emmanuel Macron dispose d'une base, le rapport de la Commission Attali, qui préconsisait déjà d'agir en ce sens. L'inspection des Finances, son corps d'origine, a déjà remis un rapport sur le sujet, pourfendu par les professions libérales. L'Autorité de la concurrence a aussi été sollicitée pour avis par Arnaud Montebourg. C'est lui qui en bénéficiera. La future loi "Macron" contiendra également l'assouplissement des horaires d'ouverture des magasins et de l'ouverture le dimanche, qui bénéficie du soutien de Laurent Fabius - reconduit à son poste, Michel Sapin et du président de la République.

Mis à part les lois de finances, il s'agit de la seule loi au programme dans le champ économique, mais qui touche aussi la réglementation du travail. A l'Assemblée nationale, les débats sur ce sujet ne vont pas manquer. Enfin, s'agissant des relations commerciales, Arnaud Montebourg était descendu dans l'arène en juillet, après que l'Ania, la FNSEA et Coop de France aient accusé la distribution de pratiques commerciales abusives. Le nouveau et jeune ministre de l'Economie voudra-t-il aussi s'emparer de cette thématique, qui va devenir brûlante avec l'ouverture des négociations commerciales pour 2015 ?

Probablement, puisqu'il aura en charge la DGCCRF, avec Carole Delga, secrétaire d'Etat reconduite en charge du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire, à ses côtés. L'administration a lancé des enquêtes dans les centrales d'achat pendant l'été et devrait tenir les ministres au courant de ses investigations. Arnaud Montebourg avait menacé la distribution d'amendes administratives et d'assignations en cas d'abus avérés. Mais c'est surtout la guerre des prix qui est mise en cause. Or, avec le CICE et le pacte de responsabilité, c'est justement un retour à la compétitivité prix des entreprises que le gouvernement recherche...

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA