Emmanuel Macron: "Nous n'ouvrirons pas le capital des pharmacies"

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Alors que la plupart des pharmacies étaient fermées pour dénoncer la future loi Macron, le ministre a indiqué qu'il n'y aurait pas d'ouverture du capital des pharmacies à des financiers.  Le président de la République, quant à lui, a indiqué qu’il n’y avait pas de « réforme indolore ».

Emmanuel Macron accuse ceux qui agitent des fantasmes.
Emmanuel Macron accuse ceux qui agitent des fantasmes.

Ce sera donc douloureux, c’est le président de la République qui le dit à propos de la réforme des professions réglementées, et notamment des pharmaciens. «Il n'y a pas de plan d'économie qui soit indolore. Sinon ça aurait déjà été fait. Les économies forcément sont douloureuses, il n'y a aucun secteur qui peut accepter de voir un certain nombre de ses habitudes, parfois de ses financements être remis en cause», a indiqué le chef de l'Etat, alors que se déroule un peu partout en France des manifestations des professions libérales concernées, en particulier les pharmaciens. Selon le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, «87% de pharmacies» étaient fermées dans l'ensemble du territoire et environ 10% étaient réquisitionnées pour assurer le service de garde.

En cause,  le projet de loi «pour la croissance», qui devrait remet en question les tarifs et les monopoles. Les pharmaciens sont particulièrement remontés contre la vente des médicaments sans ordonnance (comme le Doliprane, le Nurofen, le Spasfon) en grande surface. Sur les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires que réalise le secteur pharmaceutiques, ces médicaments et quelques produits de parapharmacie sous monopole représenteraient 2 milliards d’euros, mais surtout les plus forte marges. Les associations de consommateurs soutiennent le projet du gouvernement, qui pour l’instant n’a pas encore livré de texte précis sur le sujet. On dit que la loi Macron pourrait être repoussée à la fin de l’année.

Dans le projet, certains subodorées que les sociétés des pharmaciens (Sociétés d’Exercice Libéral) qui détiennent les points de vente puissent être autorisées à ouvrir leur capital pour obtenir des financements de la part d’investisseurs et de banquiers. Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a assuré qu’il n’en serait rien.  "En aucun cas il ne s'agit d'une déréglementation, d'une dérégulation. En aucun cas il ne s'agit d'une financiarisation", a affirmé le ministre, précisant: "Nous n'ouvrirons pas le capital des pharmacies, des notaires ou que sais-je à des partenaires financiers extérieurs, des banquiers, cela n'est pas vrai". Le ministre a accusé ceux qui « n’auraient pas dit la vérité » ou qui ont « agité des fantasmes ».  On ne sait pas s’il pensait à Arnaud Montebourg, qui avait évoqué 6 milliards d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire pour les Français, un chiffre qu’Emmanuel Macron n’estime pas sérieux.

Concernant l’agitation, il faut dire que Bercy sait faire également. Le projet de loi sur la croissance et le pouvoir d’achat a été annoncé par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon en juin. Depuis, toute la presse est à l’affût du contenu de la loi, et c’est seulement par des extraits ou des déclarations comme celle d’Emmanuel Macron sur le verrouillage du capital des pharmacies que l’on arrive à en dessiner les contours.  Tant que le texte ne sera pas connu, il fera forcément l’objet d’hypothèses, qui se vérifieront ou pas. A date, il semble bien que la vente de médicaments en grande surface sera autorisée. Sans quoi, on se demande bien à quoi servirait de faire une loi pour le pouvoir d’achat…

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