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Emna Everard (PDG de Kazidomi): "80% de nos 10 000 abonnés sont en France"

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INTERVIEW À la tête de Kazidomi, Emna Everard emploie 25 salariés à travers la France et la Belgique. Fondé en 2016, le site e-commerce spécialisé dans la vente de produits Bio livre en France, Belgique, Suisse, Allemagne, Pays-Bas et Luxembourg. La dirigeante de 27 ans expose à LSA sa stratégie de croissance.  

Emna Evrard (PDG de Kazidomi):"80% de nos 10 000 abonnés sont en France"
Emna Evrard (PDG de Kazidomi):"80% de nos 10 000 abonnés sont en France"© Befocus

LSA- Pouvez-vous nous parler du concept de Kazidomi ?

Emna Everard – Il s'agit d'un site e-commerce qui propose 3500 références : des cosmétiques, des produits d'entretien, des compléments alimentaires... Que des produits secs, nous ne vendons pas de frais. L'idée est que le client puisse retrouver tout ce qu'il achète en supermarché, sauf le frais. Dans ce cas, on incite le consommateur à réaliser ses achats en marché ou en supermarché. Nous ne commercialisons que des produits sains : nous possédons un comité d'experts de la santé, notamment en nutrition mais aussi en dermatologie. Ces spécialistes vont sélectionner les produits suivant des critères stricts et approuver ou non l'intégration d'un article sur le site. Typiquement, nous n'allons pas accepter de sucres raffinés, ni de conservateurs. De même, nous utilisons un logiciel chargé d'effectuer des recommandations aux clients et leur donner des conseils sur les produits. Notre valeur repose vraiment sur l'aspect santé. On a souvent tendance à penser que tout ce qui est Bio est sain, ce n'est pas toujours nécessairement le cas. En plus de compter un assortiment Bio sur toute la partie alimentaire, notre entreprise s'évertue à sélectionner des articles sains. Le second aspect, c'est le prix. Pour certaines personnes, manger Bio n'est pas forcément abordable. C'est notamment le cas pour le public jeune qui ne gagne pas encore sa vie.  Ce pourquoi nous avons mis en place un système d'abonnement.

LSA - En quoi consiste cette d'abonnement et, plus généralement, quel est votre business model ?  

EE – Il s'agit d'une carte de fidélité qui coûte 100 euros par an. Durant cette période, la souscription donne accès à des réductions sur l'ensemble des produits du site. D'une part, cela permet d'avoir accès à ces articles sur des tarifs réduits. De notre côté, ça permet de fidéliser le consommateur. Nous nous rémunérons sur cet abonnement. Contrairement au retail classique, qui prend une marge sur chaque produit vendu. Chez nous, les marges sont effectuées sur la vente d'abonnements qui permet de financer nos coûts logistiques. L'entreprise a été créée en fin 2016. Elle a été d'abord financée avec nos fonds propres : soit quelques milliers d'euros, de quoi acheter nos premiers stocks. Ce qui est assez amusant d'ailleurs : nous avons acheté 350 produits au départ et aujourd'hui nous en dénombrons 3500, soit mille fois plus ! À cette époque, avec mon associé, on envisageait même de consommer les produits en cas d'échec. Le système d'abonnement a été mis en place au bout d'une année d'activité. Nous avons, ensuite,  sollicité un premier Business Angel pour investir dans notre structure. Au total, nous avons levé 600 000 euros. Pour mettre en place ce système, le faire connaître et expliquer en quoi il est avantageux : ce n'est pas forcément commun pour le client de payer avant d'avoir réalisé le moindre achat. Il y a eu un gros travail au point de vue du marketing et de communication auprès d'influenceurs, de diététiciens, de naturopathes ou de médecins. Pour faire comprendre aux clients comment fonctionne notre concept. Montrer l'économie que le consommateur peut réaliser. L'entreprise aurait pu être rentable dès 2019, mais nous avons décidé de la faire grandir en accord avec nos investisseurs.

LSA – Avec cette montée en charge, comment gérez-vous vos stocks ?

EE- Depuis mars 2017, nous possédons un entrepôt de 2 000 mètres carrés, situé à Vilvorde (en Belgique), pour entreposer toutes ces références. Cela permet de livrer rapidement. Le panier moyen est constitué de 20 à 30 articles. La Belgique est un point logistique exceptionnel : nous livrons dans le plat pays, mais aussi en France, en Suisse, au Pays-Bas, en Allemagne et au Luxembourg. Les coûts logistiques et la main d'œuvre sont plus intéressants qu'en France. Ce pourquoi, nous avons décidé que les équipes dédiés à la supply chain soient localisées outre-Quiévrain. En revanche, nos équipes marketing se situent en France. D'ailleurs 80% de nos 10 000 abonnés se trouvent dans l'Hexagone. C'est notre plus gros marché. Vient ensuite la Belgique, avec une dizaine de pourcent.

LSA- Avez-vous atteint votre seuil de rentabilité et quels sont vos indicateur de croissance ?

EE- L'entreprise aurait plus être rentable dès 2019, mais nous avons décidé de la faire grandir en accord avec nos investisseurs. L'idée est d'atteindre la rentabilité d'ici 2021, mais en ayant une croissance plutôt exponentielle que linéaire. L'an passé nous avons réalisé 300% de croissance par rapport à l'année dernière. Notre chiffre d'affaires était de 250 000 euros en 2017 puis 1,7 M d'euros en 2018 et 4 millions en 2019.

 

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