EN ATTENDANT LES NÉGOS

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En matière de consommation, septembre s'avère souvent crucial pour les familles. Les motifs de dépenses sont multiples (rentrée scolaire, habillement, inscriptions...), et les budgets gérés au plus près. Avec ce sentiment diffus que, une fois encore, les prix s'avèrent plus élevés que lors de la dernière rentrée. L'accord sur la baisse des prix des produits de grande consommation signé, à l'initiative de Nicolas Sarkozy, par les industriels fournisseurs des grandes marques et les distributeurs en juin dernier et applicable depuis le 1er septembre, prend donc aujourd'hui tout son sens. L'objectif poursuivi - un regain de pouvoir d'achat au bénéfice des consommateurs - sera-t-il atteint ? La bataille de communication à laquelle se livrent les enseignes pourrait le laisser croire. On laissera aux spécialistes sollicités par le ministère de l'Économie le soin d'en faire la démonstration. Gageons que l'ambition affichée, une baisse moyenne de 2 %, sera amplement atteinte.

Là n'est pas, pour les acteurs professionnels, le véritable enjeu. On peut aisément distraire le consommateur, en jouant sans grand dommage avec les étiquettes, quand la recherche d'une nouvelle posture en matière de prix permet de repositionner tel ou tel produit de marque, qui, pour être grande, n'en est pas moins « de consommation familiale », comme le reconnaît, en un doux euphémisme, l'un des grands de l'agroalimentaire. Au-delà de l'application de l'accord du 17 juin, c'est bien tout l'enjeu des négociations 2005 qui se profile. De ce point de vue, le bras de fer auquel se sont livrés industriels et distributeurs tout au long de l'été - et qui n'est pas terminé - pour négocier les conditions de « l'effort également partagé », tel que prévu dans l'accord, laisse mal augurer du climat susceptible de prévaloir lors du prochain round des négociations.

Le gel attendu des marges arrière, voire leur réduction, pour 2005 s'annonce pour le moins compromis. L'enthousiasme printanier d'un Nicolas Sarkozy, pressé de recueillir les fruits de son plan de soutien à la consommation, et au pouvoir d'achat des Français, risque d'être de peu de poids quand, l'hiver venu, industriels et distributeurs feront, loin des micros et caméras, les comptes des ratés de l'accord du 17 juin.

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Article extrait
du magazine N° 1871

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