Encourager le renouveau du tissu local... en ligne [Tribune]

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TRIBUNE D'EXPERTS Selon Guillaume Princen, directeur général Europe Continentale chez Stripe, la formidable accélération du tissu local français vers une conversion aux technologies numériques pendant le confinement laisse présager que non seulement les entreprises seront bien mieux armées pour rapidement retrouver le chemin de la croissance, mais qu’elles auront toutes les cartes en mains pour affronter les aléas d’un monde de plus en plus soumis à l’incertitude.

Guillaume Princen, directeur général Europe Continentale chez Stripe
Guillaume Princen, directeur général Europe Continentale chez Stripe© 2019

Alors que le déconfinement s’amorce, l’attention se porte sur les conséquences de la crise sanitaire sur les habitudes d'achat et sur l'impact que la pandémie va continuer à avoir sur nos vies.

Les mesures de distanciation sociale continueront à faire partie de notre quotidien dans les mois à venir. Acheter des fruits et légumes, du matériel de bricolage ou des vêtements : le retour à la normale ne sera pas immédiat pour ces gestes de tous les jours.

Or, en quatre semaines, la déflagration économique a déjà impacté près de 340 000 commerçants français, entraînant un arrêt partiel ou complet de l'activité commerciale physique. Face à la perte de chiffre d’affaires et au risque de faillite, le défi est d’aborder la reprise en intégrant les nouveaux gestes de sécurité tout en restant proches de ses consommateurs et de leurs attentes.

En effet, les marchands sont un maillon essentiel du maintien de l’économie et de la société française. Qu'ils soient maraîchers à Chambéry, glaciers à Paris, traiteurs à Bordeaux, ou restaurateurs, ils assurent la stabilité de leur écosystème, les revenus de leurs employés mais aussi la création de valeur économique et sociale au niveau local, un échelon désormais plébiscité par les consommateurs-citoyens.

S’adapter à un nouvel environnement

Si les commerces ont toujours traditionnellement servi la plupart de leurs clients « physiquement », ils font aujourd’hui face à des défis inédits : diminution de la fréquentation, problèmes d’approvisionnement et de logistique, ainsi que le développement rapide du paiement sans contact dû aux impératifs sanitaires.

Par ailleurs, face à la pandémie, les comportements d'achat et les aspirations ont évolué, avec une demande forte d’approvisionnement local et de contribution sociétale.

Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, pour maintenir leur visibilité et leur attractivité, les commerçants doivent inévitablement développer de nouveaux modèles d’affaires - notamment en ligne - qui leur permettent de jouer leur rôle auprès des consommateurs tout en répondant aux attentes de leur écosystème.

Ainsi, dans un contexte incertain, nombreux sont ceux qui ont fait le choix radical de reconfigurer et d’adapter leur offre pour satisfaire la demande : approvisionnement local et désintermédiarisation via la vente à distance, le click and collect pour réduire le temps d’attente, l’utilisation des réseaux sociaux ou de plateformes en ligne locales.

Autant de nouveaux canaux de distribution qui faisaient jusqu’à présent figure d’exception (la part du e-commerce dans le commerce de détail atteignait 9,1% en 2019 selon la FEVAD), mais qui soutiennent aujourd’hui l’économie locale et offrent de nouvelles perspectives de croissance.

Aider à passer ce nouveau cap

Alors que la logique d’internet a été d’ouvrir le monde et connecter les gens à grande échelle, le virus a pour le moment forcé les nations à re-fermer leurs frontières.

Mais la technologie est aujourd’hui mobilisée au service du lien plus local, afin de maintenir les échanges et de renforcer le dynamisme économique et social. Le mouvement du “low-code”, ces outils technologiques ne nécessitant pas ou peu de compréhension technique, ont permis aux marchands de sauver leurs commerces en ouvrant en quelques clics leur boutique en ligne et d’accepter leurs premiers paiements. La crise sanitaire que nous connaissons actuellement ouvre donc une nouvelle ère pour le commerce.

La réussite de ce changement est essentielle non seulement pour la santé économique du pays, mais aussi pour la confiance que les clients accordent aux entreprises.

On peut même trouver dans cette crise des raisons d’espérer. Chaque fois que le numérique a su créer une nouvelle expérience pour le consommateur, il a été impossible de revenir en arrière. La formidable accélération du tissu local français vers une conversion aux technologies numériques laisse présager que non seulement les entreprises seront bien mieux armées pour rapidement retrouver le chemin de la croissance, mais qu’elles auront toutes les cartes en mains pour affronter les aléas d’un monde de plus en plus soumis à l’incertitude.

Guillaume Princen
Guillaume Princen est Directeur Général Europe Continentale chez Stripe, l’infrastructure de paiement en ligne la plus innovante du marché. Guillaume a rejoint Stripe en 2014. Guillaume est ingénieur Supélec de formation, complété par la suite avec un MBA à la Harvard Business School. Par ailleurs, Guillaume a accompagné des entreprises, notamment dans leur transformation digitale, au sein du cabinet de conseil McKinsey pendant six ans, en France, en Europe et aux Etats-Unis. Il a également créé une startup dans le mobile, MyC, tournée vers un modèle de publicité innovant sur téléphone mobile.
Stripe
Stripe a été créée en 2011 à San Francisco et a été lancée en France en 2016. Valorisée à 36 milliards de dollars, Stripe est l’infrastructure de paiement et de trésorerie sur laquelle se développent des dizaines de milliers d’entreprises en France et des millions dans le monde. L’entreprise compte aujourd’hui 2 000 employés, dont une vingtaine pour le marché français. L’ambition de l’entreprise est d’abaisser les barrières technologiques qui freinent le commerce en ligne. L’entreprise compte parmi ses clients, les leaders technologiques mondiaux tels que Amazon, Microsoft, Salesforce, Uber, ManoMano, Doctolib, Deliveroo, ou Booking.com...

 

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