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L'onde de choc qui parcourt les banlieues n'affecte pas seulement les premières victimes : particuliers aux voitures incendiées ; élèves ou sportifs qui voient leurs établissements ou gymnases détruits ; résidents privés de transports en commun ; commerçants qui déplorent la destruction de leurs lieux de travail... Elle fait table rase de tous les efforts déployés sur le terrain par les collectivités locales, les associations et les partenaires locaux pour tenter de donner quelque sens à cette « égalité des chances » aujourd'hui revendiquée par la classe politique. Et traduit la faillite des politiques jusqu'ici initiées.

Impuissant à enrayer le délitement de quelque 300 cités aux confins des grandes agglomérations dont les familles subissent, plus que d'autres, tous les maux de la société française, l'État a sa part de responsabilité dans cette flambée de violence. Quand une société semble se satisfaire - pour ses cités dites sensibles - d'un taux de chômage de 20 à 30 %, d'une déscolarisation croissante, d'une sous-qualification rampante, le tout sur fond de discrimination, n'est-ce pas là le signe d'un renoncement générateur de tensions ?

Mais la violence du « message » n'engage pas les seuls pouvoirs publics. Elle interpelle tous ceux qui concourent à la vie de la cité. Aux premiers rangs desquels les entreprises. Le « Point de vue » publié lundi 7 novembre par Claude Bébéar dans les colonnes de notre confrère les Échos devrait être partagé par tous ses pairs. Le président du Conseil de surveillance d'Axa, par ailleurs président de l'Institut Montaigne, les enjoint de s'engager en faveur de l'emploi, au bénéfice des jeunes des banlieues. « C'est des entreprises, et pas de l'État, que viendra l'emploi véritable, y affirme-t-il. Les entreprises n'ont pas seulement le devoir, mais aussi un intérêt évident à contribuer au développement des quartiers à problème et à l'intégration des minorités visibles. » Les entreprises du secteur de la distribution n'ignorent rien de cet « intérêt évident ». À l'instar du groupe Casino, nombre d'entre elles s'engagent fortement sur le terrain, au bénéfice des jeunes en quête d'insertion. Mais ce sont toutes les entreprises, industrielles ou de services, qui ont l'impérieux devoir de dépasser leurs préjugés pour favoriser l'intégration, et permettre à l'« égalité des chances » de ne pas en rester au stade incantatoire. « La question des banlieues concerne aussi les chefs d'entreprise » : qui ne partagerait pas l'analyse de Claude Bébéar ?

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Article extrait
du magazine N° 1928

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